La Psychanalyse dans la Créativité

Oui ! Enfin ! C’est bien lui ! L’article sur la psychanalyse dans la créativité : Bon, cet article va être raté, je le fais par défi et par bonne conscience ! Mais là, vraiment, c’est pas un super bon plan, surtout que ça ne m’a pas aidé à me faire ami-ami avec la psychanalyse. J’ai trouvé ces livres assez indigestes -j’ai eu beaucoup de recherches à faire pour pouvoir vraiment appréhender tous les concepts- et bon, une fois avoir tout éclairé ça ne m’a pas convaincue de la pertinence de ce courant…014_2013-iStock_000013485370Small-700x450


Du Trauma à la Créativité : Essais de psychanalyse appliquée de Pascal Hachet
Amor, artis : pulsion de mort, sublimation et création d'Elisabeth De Franceshi

La Création : l’enfant de l’artiste

La sublimation est contre le vide : « du moment que quelqu’un parle, il fait clair. La sublimation s’oppose ainsi au silence. » Pour Gregor il n’y a que la musique qui rempli le vide. Car elle est impalpable, comme lui. Les femmes des créations, souvent littéraires, semblent parfois impalpables. Helene n’incarne que la beauté, elle n’existe pas, elle est élément, flambeau et emblème mais elle n’est pas. Comme Shéhérazade qui est excuse au conte, qui est comtesse, mais elle est toute et aucune à la fois. Elle est une voix, une musique, qui rempli le vide.

L’espace de la création est espace du cri, aboli sitôt jeté, hurlement de la bête égorgée. Le cri de naissance : lien
entre  Eros (enfant = fruit de l’amour) et Thanatos (le cri = le premier comme le dernier). Le désir de la vie : l’enfant va de l’intérieur à l’extérieur, du plein au vide. Ainsi, le vide devient omniprésent, d’une part comme une autre. L’enfant qui doit s’accoutumer à être séparer de la mère, et elle qui peut avoir une dépression post-natal, et ne pas supporter le vide laisser par le bébé.

Le produit fini devient objet de rejet du créateur, haine. L’oeuvre achevée rend l’artiste dépossédé, le public devientcreation-sites-internet-pas-calais juge, le possède donc, au moins du regard. L’oeuvre d’art pérennise au delà du corps. Elle survit à l’artiste comme l’enfant doit survivre à sa mère.

Les souvenirs s’apparentent à la nature, à l’extérieur, ils sont un terreau pour l’artiste, de quoi puiser son inspiration, un espace, de quoi puiser l’inspiration. Or, que reste-t-il une fois ces souvenirs enfuient sur le papier ou la toile ? Une fois la chose de création utilisée, elle disparait, et il y a le vide. Ou la vie, la vie qui semble vide à l’artiste qui a accouché.

Pontormon a un rapport à l’art, qui lui donne a penser que l’art est un moyen. Or, il l’associe à la nourriture. En jeûnant : il fait le vide. Cracher cette chose, rendre l’écrit c’est produire. Tandis que manger, emmagasiner c’est créer. Faire le plein à vomir, à donner sur papier. Son oeuvre prolonge donc son rapport à la nourriture et donc son corps. Le désir, lorsqu’il est rejeté, ne transcrit pas sa mort mais son expression extrême; il va tellement loin qu’il faut le nier. Ainsi, ne plus désirer la nourriture et jeuner, c’est renoncer à obtenir, à apprendre, à ingurgiter le savoir, la connaissance par le fait de manger. Le vide peut aussi être le refoulement et l’oubli, dont la métaphore peut servir de substitution. De toute manière, du vide jailli la création.

La Création et l’artiste, qui survit à l’autre ?

slide1La beauté et la mort sont liées : l’oeuvre jamais réellement ne née, alors qu’on vient de la voir accouchée mais elle reste inchangeante comme la mort. Nous parlions des femmes qui remplissent le silence sans pour autant être palpables : l’élue est souvent morte (Cendrillon se cache, Psychée est enfermée dans une tour), elle est impalpable, mais l’homme en tombe éperdument amoureux. Son silence et sa beauté et sa jeunesse éternelle n’appartiennent qu’à la mort. Selon Freud, dans les légendes, l’homme n’a pas le choix, il choisi inévitablement la mort. La création nécessite la souffrance. Double mort d’Eurydice (seconde lorsqu’Orphée va la chercher) mais Orphée, artiste, va la tuer de son regard. Double mort et donc la sublimation dans la seconde création de cette souffrance. La vrai mort, et la mort pour l’oeuvre.

La mort est le néant, négatif. Elle est nécessaire dans création, car la mort apporte toujours la nouveauté. C’est l’inconnu, l’insaisissable, un puit inépuisable. L’être humain ne peut contacter réellement sa vie qu’avec la conscience de la mort. D’où la création : au départ incertitudes, tâtonnements et enfin achever l’objet, le tuer. Donc, commencer l’oeuvre dans le but de l’achever et voir la fin : la mort.

L’oeuvre de Shakespeare est beaucoup fondée sur l’idée de la demie-mort psychique. Nombre de ses héros se donnent la mort lorsque l’objet de leur passion a elle-même trépassée. Cela à la fin de l’oeuvre car la mort du héros amène la fin de l’oeuvre et vice-versa. L’image du mélancolique est donc récurrente, car nombre de mythes de l’Occident nécessitent la mélancolie dans les tragédie parce que la mélancolie est représentée par l’amour. Il est baigné dans la contrainte (différences familiales, de castes etc). Le mélancolique possède une personnalité qui lui permet d’être identifié à Hamlet. Il est déjà le crâne. Il pense, il est cérébralement capable de penser ce que contient son crâne qui est le symbole de mort. La mort symbolique de Rimbaud qui cesse d’écrire est une forme de mort face à son oeuvre réellement morte car il l’abandonne. Rimbaud arrête l’écriture pour deux hypothèses : 1. impasse dans son éducation – alors que l’écriture était son seul échappatoire-, n’assume pas sa sexualité – découverte brutale de la sexualité, il va d’ailleurs prendre progressivement l’apparence de son agresseur- et donc blocage car il se servait de l’écriture pour dépasser tout cela qui l’aurait alors rattrapé. 2. la toxicomanie et une forme d’automutilation ont remplacé le rôle de l’écriture auprès de la somatisation. De plus, il a craint que son imagination ne soit plus qu’hallucination droguée sans pouvoir de création.

La douleur et la souffrance nécessaire, qui ne mène plus à la mort, mais à l’existence : « J’ai besoin de ma douleur, maintenant je ne suis plus rien que par elle. Et je l’aime. » L’écriture comme un deuil, invention d’un dialogue avec un mort. Inspiration de Thanatos, cathartique. L’art pour ne pas se tuer. Cathartique, certes. Mais aussi aller jusqu’à la fin de l’œuvre, jusqu’à sa mort, pour l’avoir achever, et enfin, réellement mourir maintenant que cela est fait.

La Création Cathartique

1597-dossier-creation-entreprise-entreprise-innovante-Le test de Rorschach est reconnu car la masse (la tâche) est informe et c’est l’esprit qui projète ses propres formes (envies, fantasmes, culture, connaissances etc). L’être humain possèdent deux défenses selon Eissler : 1. se couper de la réalité, s’enfermer dans sa bulle. 2. essayer de prévoir les évènements suivants et enlever la surprise. Selon Freud, l’appareil psychique a besoin de : se projeter et savoir représenter le monde extérieur, réalisé que l’inconscient échappe à la temporalité et d’être capable de référencer ses propres processus de réflexion. La Flute enchantée de Mozart est tout à fait cathartique, la musique va résoudre ses angoisses. Mais ce qu’il créé est en fait inspiré directement des épreuves de sa vie, et la mort est en réalité la sienne. Il s’approprie sa mort, l’anticipe au moment où il la sent venir. De ce fait, il l’affronte, enlève son angoisse.

L’écriture fascine les psychanalystes car elle a une capacité cathartique , exutoire. Les écritures curatives peuvent être catégorisées. Il y a les organisés (comme Goethe) qui montrent dans cette cohérence que leurs défenses, face à quelque chose de choquant, sont encore viables. Contrairement, les désorganisés montreraient l’effondrement psychique. Il y a ceux qui font volontairement prendre vie aux phobies par l’écriture (Goethe encore) pour s’y confronter comme si cela été réel. L’approbation des œuvres d’arts choquantes comme création et initiation, justifiée dans l’oeuvre. La transe qui permet de créer. La chose la plus choquante (exemple de la Villa Palagonia) a inspiré bon nombre de visiteurs. Leur « imagination se déchaînait » : de ce fait, ils pouvaient en romancer les choses tout en possédant leur exutoire. Le choc visuel qu’ils avaient eu, passant par les yeux, la terreur et la fascination entrant par le regard, ressortait par la main, était purgé par le toucher. Écrire empêche la somatisation. Et, dès que la projection écrite disparait, la somatisation reprend (cas Rimbaud). La Non-Hystérie : situation d’impasse, même à un niveau impensable, supportée. Hystérie avérée : incapable d’aménager une issue, craque. Car l’hystérique n’a pas pu se débarrasser de ses angoisses et les dépasser.

Freud vs Goethe : la psychologie vers l’art, le schéma mental préexiste à toute chose vécue, les évènements doivent se conformer à la Psychée de l’individu. vs apprendre ‘du dehors » pour se (re)construire. Idées goethéennes : spatialité importante. Rejète les mathématiques (logique etc), essentiellement sensoriel, importance de la perception. Besoin de contrôle et d’ordre : trop plein, flux pulsionnel trop important il fait une ouverture contrôlée des digues (voir les exorcismes dans Faust et Werther). La cure en spirale : effectuer toujours de nouvelles approches sur le même objet, la même chose. Capacité de penser et de décision, puisque toujours autre. Retour sur le mécanisme pulsionnel, la première impression, nouvelle réflexion. La première spirale préfigure, les suivantes subliment, pérennisent l’objet d’inspiration.

Aspect bipolaire : la psychanalyse de la création ne peuvent pas être pertinente si créateur (culture, évènements marquants) et œuvres ne sont pas analysées ensemble. L’un n’empiète pas sur l’autre, l’autre n’est pas plus important que l’un. Cela nécessite des allés-retours incessants (ainsi que l’œil et le cerveau fonctionnent) entre les deux pour penser pouvoir saisir quelque chose. La création n’est pas uniquement cathartique, pas même existante pour retracer le souvenir. En réalité, c’est pour luter contre lui, luter contre le vide. Et donc faire quelque chose. Et quelque chose est palpable.

J'espère ne pas vous avoir trop déçu, à très vite pour un nouvel article, personnellement, je galère bien avec l'administration, les inscriptions, désinscriptions tout ça... Mais de très beaux projets à suivre !
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3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. J’imagine en effet que cela devait être assez complexe d’entrer dans ses textes mais ton article est tout de même très intéressant =)

    1. Oui, ça démarrait assez mal, mais finalement ça m’a beaucoup plu 🙂

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