Nadja – André Betron

Je crois que je n’ai pas tout compris…

Nadja1_525NadjaNadja… Il m’a fait rêvé, il m’a fait voyager.

Je le lis dans le cadre des cours, un cours sobrement intitulé « Nadja et le Surréalisme ».

J’étais assez frileuse, je ne suis pas une amoureuse de l’école du Surréalisme ! Eh bien très franchement, j’ai adoré Nadja, cependant, je cherche encore le Surréalisme là-dedans. Je pense que de surréaliste, il n’y a que la pointe de mystique, pour peu qu’on n’y croit absolument pas (pas de pressentiment, d’instinct, rien).

Donc bon, si jamais vous comprenez avant moi en quoi ce livre est surréaliste, cela m’aiderait bien pour ma future dissertation… Mais enfin, si Breton, absolument contre le roman, a décidé que ce n’en était pas un -il fait ce qu’il veut, c’est l’auteur !- grand bien lui fasse. S’il décide que c’est surréaliste, certes, s’il met des photos à la place de longues descriptions, aucun problème.

Mais bon, photos ou pas, un livre avec une trame, un début, un dénouement, un élément perturbateur, des personnages, un narrateur à la première personne du singulier dont on a accès aux réflexions plus ou moins philosophiques. Personnellement, j’appelle ça un roman.

Mais il ne faut pas le dire à Breton.

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Mais c’est un merveilleux livre, je n’ai rien trouvé à jeter. Mention spéciale pour la première réflexion sur ces fantômes vivants, ces gens qui sont passés dans vos vies, qui s’en sont retiré et qui réapparaissent comme des spectres au détour des rues.

Le personnage de Nadja est fabuleux, mystique, elle est à moitié sorcière. Passionné d’art, il le lui fait des découvrir. Elle, elle vogue dans la vie, elle adore mille détaille, entre les mondanités et son univers spirituel. C’est un si beaux livres, avec de si beaux personnages.

Breton, lui, qui fait allusion à des auteurs, des opéras, une belle coupe de culture qui n’est pas vaine, parfois bien explicité et toujours pertinente. Les images qu’emploie Breton, ses métaphores que je trouve belles, poétiques même ! Ses réflexions, très bien résumées, magnifiquement dîtes, mais sommes-toutes, assez fugace -nous ne sommes pas en philosophies- qui sont justes, viscérales, réelles. Et ses descriptions, car il y en a, ces descriptions du détail, ce détail pertinent qui veut tout dire. Mieux vaut une photo, que trois page pour la décrire. Mais ces détails qui donnent une âme, il nous les livre, que ça en est magistral. D’une pertinence incroyable.

Surréalisme ? Dans les coïncidences, parait-il, et dans les rencontres racontées pêle-mêle. Mais, êtes-vous sérieux ? N’avez-vous jamais croisé quelqu’un que vous connaissiez « par hasard » dans un magasin, dans la rue ? Si, hein ? Bon. Et je n’appelle pas coïncidence, de lui donner rendez-vous, et de retrouver cette même personne au rendez-vous ! Pas plus que je n’appelle coïncidence d’aller à une soirée et de croiser des amis d’amis. Ce n’est pas parce que Breton ne fait pas de liens logiques entre les épisodes que c’est improbable. Bien au contraire, le livre est bien assez clair pour que notre esprit fasse ces connections de lui-même !

Les réflexions jetées et souvenirs dans l’espace du récit forme une sorte de portrait flou, comme un instant qui réuni tous les autres. Mais n’est-ce pas ainsi que l’esprit marche ? On songe en nous, à un moment donné dans la réalité.

Enfin bon, je vous laisse avec ce merveilleux livre, très très court, que je vous conseille. Je vous souhaite de vous régaler avec cette tranche de vie, qui, malgré ce que Breton semble promettre, omet beaucoup de choses. Je vous laisse avec les dessins merveilleux aux milles histoires, et autres photographies…

Je vous laisse vous offrir au rêve et à la réalité.

Et n’oubliez pas !

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Sombre Présage
Photo par Gaëlle Mas

J-4

SOMBRE PRESAGEfont

« Les ombres s’étirent et s’étalent sur les murs, des becs de corbeaux à l’assaut du plafond.
Les gorges sèches, suffocation, l’odeur fumée de bougies par tous les pores.
L’anis qui prend à la tête, qui vrille, des tempes qui battent au goût d’absinthe.

La mort qui revient, qui s’ensuit dans sa traîne sombre. C’est les cartes qui le disent, et c’est cet Homme qui en rit.

On semble désolé, jusqu’à la folie, jusqu’au rêve qui ne s’éteint pas, la mélancolie défaitiste, et cet Homme qui ricane.
Le monde s’en retourne comme les cartes qu’on bat, rien ne s’arrêtera. Le ton est brisé, les informations glissent et s’écoulent dans l’air, calcinées qu’elles sont par les flammes de chandeliers. Comme si elles n’avaient pas existé. Jamais prononcées.
A quoi sert de tout savoir alors que rien ne changera ?
Sûrement pas cette vie, que la mort n’atteint pas. »

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5 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Je pense qu’il pourrait me plaire, mais je ne dirai pas à Breton que ton considère son-roman comme un roman ! ^^

    1. Hihihi ! Oui, chut ! Il serait faché ! Je l’ai trouvé génial, et il est court, donc si t’en a l’occasion jette-toi dessus !

  2. Bénédicte dit :

    Je suis passée lire ton billet, enfin ! Même si je n’ai pas aimé ce récit, je me rends compte que finalement peu importe… Il semble nous avoir pas mal questionné toutes les deux. Et s’il ne laisse personne indifférent, c’est plutôt intéressant !

    1. Oui, c’est un OVNI je pense, c’est pour ça qu’il est marquant.

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