Les Casaniers – Mathieu Vergez

Petite découverte de chez Edilivre.

(Oui, ceux-là même qui publient tous les concours de nos villes, et un peu tout aussi d’ailleurs…)

Ca n’empêche pas que les talents soient noyés dans la masse ! Mais ça permet des coquilles, des lignes qu’on néglige de sauté, des majuscules oubliées… Du moins dans mon exemplaire !

image_27569_1_20304_1_9323_1_38646_1_92723Dès la première scène, s’achevant par « Nous sommes exceptionnels ». Les choses sont posées : des dialogues absurdes, et des personnages qui n’ont justement rien d’exceptionnel… Des discours qu’on a entendus mille fois et dont les mots sont interchangeables.

Nous entrons dans un livre qui va montrer des doigts la vanité des gens et leur refus de l’autre.

La scène 2, elle, nous plonge dans un banquet digne d’une réception du Chapelier Fou et du Lièvre de Mars. Cette ambiance ne nous quittera plus. Pièce aux nombreuses références, de Voltaire à Noir Désir… Si vous voulez vous amusez à les relever, elles sont bien nombreuses –oserais-je dire « trop » pour ses 152 pages ?

L’auteur reconstruit nos rapports humains, cette vaine façon de parler, la façon de s’apprivoiser… Au lieu de dire les choses, de s’exprimer, d’avoir une réelle discussion. Mais alors, qu’en est-il de l’absurdité de ces personnages qui disent n’importe quoi ?

Tout le problème est là. Les Steve & les Bertha s’apparentent aux animaux. Et je ne suis pas très friande de la philosophie du surhomme & de l’animal que fait Nietzsche…

De plus l’auteur ne semble reconnaître qu’un amour filial et non les autres sentiments qu’il n’apparente, justement, qu’à l’animalité, aux phéromones. Il dénonce l’amour cupide, la course au meilleur parti, le plus fort, la plus belle, le plus riche… Quelque chose de très manichéen et désuet en somme.

Le réel problème, c’est que la portée de son propos est effacée par le choix de l’animalité. En effet, ils perdent leur profondeur, leur rapport à notre monde. Nous n’avons plus les repères qui pouvaient nous offrir une dénonciation de l’humain, puisqu’ils perdent toute humanité très rapidement, la suite est vaine… S’ils sont animaux, où est l’intérêt, c’est une bien grande simplification. Bien que nous soyons dans la caricature, cela mériterait une complexité qui reflète notre monde, qui nous permettent de vraiment calquer et réutiliser les problématiques, du rejet, des faux-semblants…

Enfin voilà, cette pièce reste une jolie ode à l’individualité et à la reconnaissance de soi.

C’est bien dommage que Noël soit passé, car ce serait un excellent cadeau pour un adolescent. Les problématiques exploitées sont très adolescentes –le rapport aux autres, au sexe opposé. Et la caricature, que je trouve trop poussée, peut, au contraire, justement plaire et parler à quelqu’un de plus jeune. Pas que ce soit bête, mais justement peut-être que les images se rapprochent plus des impressions adolescentes : c’est un excellent livre au sujet de la confiance en soi et de trouver sa place.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Je suis assez curieuse, je pense que j’essaierai de le lire, c’est un thème qui me parle =)

    1. Le thème est intemporel et traverse les âges 🙂 C’est le traitement que j’ai trouvé trop « enfant ».
      Je suis curieuse de voir ton avis ^^

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