Sans les mains – P.D James

Challenge ABC 2016. Pages : 253 (+273 = 526) / 5 000. Lettre : J. 2/26.WIN_20160125_09_17_58_Pro

On a du mal à entrer dedans : les phrases sont longues et on s’y perd. L’auteure est une adepte des métaphores filées/foireuses, et faut le dire, un peu lourdes ! Sur une page, elle va comparer l’ambiance à une scène de théâtre par exemple, c’est pas forcément moche, mais c’est en GROS sabot, cousu de GROS fil blanc, c’est LOURD. Vraiment. On a compris, mais non, elle en rajoute.

Il n’y a que quelques changements de point de vue, deux tout au plus, mais ils sont inappropriés, ils ne sont pas pertinents en tant qu’effet stylistique ou narratif. Ils nous perdent encore plus par leur rareté dont on ne comprend pas ou peu l’impact. Et, lorsque le lien est évident et important, on est malheureusement déçu de comprendre que l’auteure n’a pas réussi à nous faire comprendre les choses autrement et que ces évènements aux points de vue changeants sont là parce qu’elle ne parvient pas à faire une péripétie ou autre chose qui nous conduirait à ces indices.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas trouvé ce roman policier fantastique. De plus, dès le début j’ai trouvé la trame assez banale : on trouve un cadavre sans main et l’enquêteur doit résoudre l’affaire, c’était le cadavre d’un auteur qui a écrit un roman où l’on retrouve un cadavre sans main… Alors, d’entrée, ça parait très lourd. Je n’avais pas très envie de continuer, surtout quand on fait le lien très rapidement contrairement aux personnages. Ca n’avance pas. Mais, on peut ensuite dire que ça prend tout son sens ! Et que nous sommes face à une mise en abyme de cette trame par le prisme de la condition d’auteur de roman policier. Bon, c’est un choix et ce n’est finalement pas si inintéressant. D’autant plus qu’on se fait au style et qu’on comprend bien mieux ses phrases hasardeuses. Cependant je voudrais souligner que tout est assez attendu, jusqu’au coupable que j’avais trouvé assez rapidement, c’est un peu embêtant, pour un roman policier…

Certaines choses ne sont justement pas très claires et tombent comme un cheveu sur la soupe, alors même qu’il, comme je le disais, en explicite bizarrement d’autres avec d’étranges points de vue. Et la dernière grosse péripétie est un peu grotesque…

Ce roman est le troisième de la saga d’Alan Dagliesh ce qui excuse l’histoire d’amour finale SORTIE DE NULLE PART, mais je pense que c’est un clin d’œil à ceux qui suivent toute la saga, et donc cela devait bien avoir du sens pour eux. Mais du coup, personnellement, je n’y ai rien entendu.

Et maintenant, je vais vous expliquer ce qui fait que j’ai tout de même trouvé du plaisir à découvrir cet univers même si ça ne suffit pas à tout rattraper.

L’ambiance est soignée à la perfection et immersive. Et, même si je ne vais pas m’arrêter dessus, certaines répliques sont très rigolotes, ce qui rend la lecture ludique et sympathique. L’ambiance nous jette dans un automne humide, comme une chape de nuit sur le roman. C’est très agréable, le charme anglais réinvesti sous toutes ses formes, enfermant le roman dans ce typique monde de Grande Bretagne, extrêmement bien léché. La théâtralité ultra présente dans ce roman aide à renforcer ce côté de mise en scène typiquement anglaise. Du décor aux personnages, tout en boiserie et en whisky. C’est un délice à lire, on sent l’odeur du pub et de la pluie rien qu’à travers les mots. Cette douce ambiance nous colle agréablement à peau.

 

Pour amateur de culture anglaise et de Pub, vivement conseillé.

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