Anna Erelle – Dans la peau d’une djihadiste

Challenge ABC 2016, Pages : 258 (5541+ 258 = 5799) / 5 000. Lettre : E. 16/26.

dans la peau d'une DjihadisteVoilà un livre très complexe. Bien sûr, à cause des récents événements, ces mêmes événements qui ont poussé ma curiosité malsaine et mon masochisme à le lire.

Tout d’abord, je pense que l’auteure n’a pas réussi à aller au bout de ce qu’elle souhaiter écrire : comprendre pourquoi de jeunes français vont grossir les rangs de Daesh. En effet, Anna fini par amener plus d’interrogations que de réponses.

Deuxièmement, c’est un livre très gênant lorsqu’elle prédit un attentat futur en France, en faisant allusion à la sécurité française. L’avenir lui aura malheureusement donné raison : ce livre est sorti il y a quelques années déjà.

Bref, au niveau de l’écriture c’est très simple, bien que ce soit une mine très agréable de vocabulaire arabe. Cette écriture n’a rien voir avec l’écriture journalistique ou de roman, de même qu’elle emploi des expressions très « d’jeuns », un langage étrangement courant : un peu comme un journal intime en fait. Je pense qu’on peut qualifier ceci de journal intime, l’auteur est d’ailleurs elle-même surprise et atterrée de ce qu’elle raconte, de la tournure des événements.

Ce journal raconte Anna se faisant passer pour Mélodie, une jeune fille paumée, pour séduire un djihadiste et étudier ses techniques de recrutement. Personnellement, je trouve que cela n’a pas aidé : je ne comprends pas que des gamins de mon âge gobe un centième de ce que ces meurtriers pervers racontent (il n’y a qu’à lire le livre). Je ne comprends pas que cette mauvaise drague et ce discours fonctionnent…

Anna_ErelleLe livre est donc bien évidemment très gênant, la présence bien réaliste du terroriste à chaque page nous met profondément mal à l’aise. Mais je pense que cela a été voulu par Anna. En effet, comme je l’ai dit le récit fait très journal intime et donc, l’auteur met beaucoup de mélo dans ses phrases, ce qui est un peu lourd. Mais je pense que cela est voulu et forcé : cette enquête a bouleversée toute son intimité jusqu’à son identité. Et j’espère que d’ailleurs, face à tout le poids de cette expérience, Milan ne s’est pas séparé d’elle.  Je pense aussi qu’Anna a voulu traduire par ce mélodrama le fossé qui est creusé entre : la vie réellement menée là-bas, la vie d’impératrice que les terroristes promettent et notre liberté à nous. Notre droit de fumer, de mettre des jupes, d’être l’égal de l’homme.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. En effet cette lecture doit être déroutante, mais c’est dommage qu’elle ne soit pas allée au bout de son propos….

    1. La pauvre a pas tellement eu le choix. Mais du coup le livre est plus le récit de son investigation que réellement ce qu’elle cherchait à la base.

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