Le rire de 17 personnes – Collectif

Anthologie de nouvelles contemporaines nord-coréennes par Patrick Maurus, Kim Kyoug Sik et Le_rire_de_17_personnesBenoit Berthelier. Alors oui, je trouve qu’Acte Sud a quand même fait un coup de maître, en mode « j’ai pas peur de c’que les Occidentaux pensent. » J’avoue, d’ailleurs, être un peu triste et mitigée quant au fait que sa sortie soit passée TOTALEMENT inaperçue, parce qu’il est sorti il y a 5 mois (Mars 2016), et pour moi, un bon bouquin comme ça, ça aurait dû faire plus de bruit. Parce que le bouquin, il est franchement réussi, intéressant, et, comme dit en introduction (version cash & résumée) : si vous lisez ce livre pour avoir le goût de la révolte sur les lèvres, vous pouvez le fermer. Nous (les éditeurs) on vous demande pas d’être d’accord ou d’asseoir vos préjugés, on vous présente un peuple qui ne vit et ne pense pas comme nous. C’est tout.

Ça donne le ton, mais le bouquin, c’est ça. Même moi je m’attendais plus à la conscience « dictatoriale » du pays. Rien. Nada, et nous les Occidentaux (enfin, les Américain surtout) on en prend un peu pour notre grade.

Surtout concernant Deuxième Rencontre d’Han Ung Bin : en effet, je ne sais plus pour quel événement, la Corée du Nord s’ouvre à l’Occident et des traducteurs sont chargés d’accompagnés les divers journalistes. Manque de chance : le narrateur, volontaire et naïf, tombe sur un journaliste américain dont le seul but est de ramener des photos de propagande et de pauvreté. C’est ainsi que des scènes aussi grotesques qu’incriminantes notre vision des choses se poursuivent. Leur simplicité et leur amour de la patrie inimaginable, le besoin de se sentir utile à la communauté, l’idée d’individualisme n’existent pas, mais, justement, la patrie est réellement la clé du bonheur, d’œuvrer tous ensemble pour une même cause et d’être bon.

Pour résumer le tableau que peignent ces nouvelles, c’est un tableau très idéaliste d’un pays, ou du moins, s’il n’est pas idéalisé, c’est un Eden, mais un Eden qui ne ressemble en rien à nos considérations propres. Au fil du livre, on comprend mieux la mise en garde des éditeurs : ils ne sont pas comme nous, pourquoi vouloir les plier à nos pensées pour une vie qui les rendrait malheureux ? Ainsi, ce livre nous apprend que : l’homme qui n’est pas sincèrement bon se verra inutile à la patrie et en paiera les conséquences, tandis que l’homme humble, volontaire et pur aura tous les honneurs auxquels il ne pensait même pas pouvoir prétendre. Les Américains deviennent de tristes sirs : plongés dans leurs propres désirs ils ignorent tout de l’honneur, de la solidarité, du devoir. Tout ce qui forme la patrie prolifique, qui offre tout à son citoyen (logement, famille…) si lui-même possède les sens qui le rendent digne de son pays.

Ce sont des odes d’amour, d’auteurs divers dans des nouvelles abordant divers sujets, là, où, nous-mêmes attendons la révolution. 

A mon sens, c’est un très beau défi, relevé dans les règles de l’art que de nous faire découvrir de ce manière un pays dont nous connaissons finalement, très peu de choses.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Je ne connaissais pas en effet et ne l’ai vu nulle part, il semble pourtant vraiment intéressant et la couverture est très chouette !

    1. Oui, on n’a pas l’habitude de cette littérature.C’est dommage qu’on en ai pas plus parlé.

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