Mercredi, c’est poésie !

Le nouveau rendez-vous du mercredi continue ! Merci à Ninaselivre pour cette initiative !

La semaine dernière j’avais envie d’amour, ce soir aussi d’ailleurs, mais, en feuilletant mon recueil Les Poètes du Chat Noir par André Velter chez Gallimard, je suis tombé sur quelque chose de peut-être plus parlant en cette saison.

Il fait beau, il fait chaud –bon, pas où je me trouve, mais je l’espère pour vous !– c’est l’été, c’est la fièvre de la fête, de beuverie et rires divers… On se déchaîne l’été, et, si je trouve la chute très plate, j’aime le reste de ce poème de Marie Krysinska.

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Mais vous connaissiez déjà mon amour pour les Bacchantes.

Bacchanale

« Sous les lampadaires verts des chênes,
La farouche et rythmique extase se déchaîne.

Les torses, aussi beaux que des ciels d’été,
Souplement ondoient. Et les seins lactés –
Ainsi que d’ivres nébuleuses –
Voguent au gué des danses amoureuses.

Et le flot du vin odorant se mêle
Aux flots des chevelures qui follement ruissellent.

Sous les lampadaires verts des chênes,
La farouche et rythmique extase se déchaîne.

Les sussurrants tambourins échappent aux mains lassées.
Et de plus âpres étreintes font les formes enlacées.

Ainsi que des lianes caressantes
De frêles bras s’éprennent des épaules puissantes ;
Et le saont Délire, en tournoyantes rondes,
Constelle l’horizon rose de chairs blondes.

Le rire divin sonne de somptueux tocsins,
Les lèvres rient, aussi les yeux, aussi les seins…
Et, tandis que la fin du jour déploie ses pompes,
Les Satyres, enflant leurs joues, soufflent dans les trompes. »

Ainsi, dans la lancée de mon premier Mercredi, c’est Poésie, j’ai à nouveau choisi une femme poétesse, Marie Krysinska. Fin XIXème, elle était une rare femme dans ce milieu très machiste, et son oeuvre est aujourd’hui reconnue comme novatrice. Elle laisse donc une oeuvre multiculturelle, empreinte de féminité mais exceptionnelle dans ce qu’elle a de technique.

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4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. ninaselivre dit :

    je ne connaissais pas du tout !!!! j’aime beaucoup surtout le vers : Les lèvres rient, aussi les yeux, aussi les seins…
    par contre quand je le dis à haute voix j’ai l’impression que le son est dur et le vers difficile à prononcer je ne sais pas pourquoi .

    1. Ah je ne sais pas, peut-être avait-elle une intonation particulière en tête ?
      Mais oui c’est un beau vers, qui humanisent au lieu d’objectifier le corps de la femme -je ne sais pas si je suis claire-

  2. EdenDesMots dit :

    J’aime beaucoup la poésie ( je suis actuellement plongée dans La centaine de Neruda, très charnelle), mais je ne connaissais pas du tout cette poétesse. Le rythme lascif souligne bien l’indolence de ce moment figé dans le temps.

    Par certains de ces aspects, il me rappelle au Serpent qui danse de Baudelaire, notamment ce vers ci  »Aux flots des chevelures qui follement ruissellent. »
    Belle découverte

    1. Je n’avais pas pensé au Serpent qui danse, mais maintenant que tu le dis… Tout à fait !!!
      Je ne connais pas la Centaine de Néruda, je ne connais Neruda que de nom d’ailleurs, je note 🙂

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