Thrilling Cities – Fleming

Ian Fleming n’a pas seulement écrit James Bond, il a aussi fait un tour du monde et voici son carnet de voyage. Journaliste, il a été envoyé pour voir les villes les plus populaires et mystérieuses du moment en un mois top chrono, nous sommes en 1959.

Ian Fleming, Thrilling Cities, Vintage Books, London, first publication 1963, 276 pages, VO.

415x6wbklel-_sx336_bo1204203200_J’étais en déplacement, et j’avais envie de m’évader encore plus, d’une mise en abîme du voyage, mais j’ai également était transportée dans une autre époque. Nous sommes aux lendemains de la guerre, et les à priori de Ian Fleming au sujet du Japon, par exemple, me paraissent à des années lumières. Certaines de ses réflexions, de ses tournures de phrases, totalement dans l’air de son temps, feraient aujourd’hui hurler au racisme. Nous sommes catapulter totalement ailleurs, dans un autre temps et une autre mentalité, il s’extasie sur des choses que, maintenant, nous ne remarquerions même pas. Anachronisme total dans mon esprit : Ian Fleming parle des fameuses et réputée huîtres d’Hiroshima (p. 72). Elles ne sont pas radioactives, non, dans son monde la catastrophe n’a pas eu lieu. Pour lui, Hiroshima n’est pas le nom, le symbole, d’une catastrophe, c’est simplement une ville avec de bonnes huîtres. Et ça parait bête dit comme ça, mais les deux visions sont si différentes et si naturelles pour chacune des deux parties, que ça fait réellement tiquer sur le coup.

Le décalage avec son voyage autour du monde et ceux qu’on peut connaître aujourd’hui est très interessant, vraiment pertinent. L’écriture est simple et rythmée -oui, oui, je l’ai lu en VO, c’est la fierté- donc on ne s’ennuie pas. Voici mon passage préféré, un peu de désillusion, et qui résume assez bien ce que je pensais du livre. Or, la lucidité qu’il montre à cet égard m’a totalement enchanté et rabiboché avec ma lecture :

« So that was. I had gone round the world in thirty days, and all I had to show for the journey was a handful of pretty light-weight impressions and some superficial and occasinnally disrespectful comment. Had I then, have I today, no more serious message for Britain from the great world outside ? » (p. 145)

Visant sans doute un tourisme de luxe pour le journal, nous avons droit à de merveilleuses descriptions de bordels et autres joyeusetés, ainsi que de restaurants et hôtel de luxe. La partie « guide » à la fin de chaque trajet est d’ailleurs assez ennuyeuse, comme si vous lisiez un city-guide périmé d’une ville où vous ne comptez pas aller !

D’ailleurs, je me suis dit que vous deviez parfois bien vous ennuyer durant mes Top&Flop !

Et vous, la littérature de voyage, ça se passe comment ?

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