L’Image Survivante selon Warburg – Didi-Huberman

De son petit nom tout entier :

L’IMAGE SURVIVANTE, Histoire de l’Art et Temps des fantômes selon Aby Warburg de Georges Didi-Huberman, collection « Paradoxe », Les Editions de Minuit, 2013, beaucoup trop de pages… (590 pages)

livre_galerie_2707317721Enfin ! Je l’ai terminé ! C’est une grande victoire depuis le temps que j’essaie d’en venir à bout ! Pour un Pavé, ça, c’en est un ! Didi-Huberman analyse ici l’analyse d’Aby Warburg au sujet de l’Histoire de l’Art. Un vrai casse tête, alors voici un article qui essaie de simplifier tout ça. De simplifier cette science de la culture (j’ai beaucoup aimé le terme, que je pique d’ailleurs à l’ouvrage susnommé.)

Ce livre est une étude au sujet des recherches de Warburg, historien de l’art du debut 20ème siècle à moitié fou. Pour lui, c’est le Moyen Age qui a tué l’Art, et part « Art » il entend Art des anciens, c’est à dire l’Antiquité. La Renaissance qu’il considère comme un âge d’or jamais égalé, avis qu’il partage avec Nietzches (p.153), aurait sauvé l’art.

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Warburg cherche a archiver l’Histoire de l’Art, à la qualifier : il nome un « autre temps », la « survivance« . Il cherchait un archivage qui réunirait tous les matériaux afin d’en comprendre les sédimentations et les mouvements. En prenant en compte que l’objet, même l ‘homme, disparaît derrière le concept. L’homme est le fantôme invocable de son concept. La survivance est un motif inconscient qui permet de créer un symbole. La survivance réside dans l’inconscience (capacité de reconnaître un symbole) : langage, proverbes, manière de saluer. La superstition est une survivance, et le chercheur s’interroge : comment quelque chose d’aussi impalpable a pu survivre. A psychologiser l’Histoire de l’Art, elle devient prophétique.

 

Pour mieux étudier l’Histoire de l’Art, il questionne l’Histoire. Il donne comme analyse que: l’histoire permet la Philosophie car elle enseigne par l’épreuve. L’expérience qu’on en tire permet d’arriver à des conclusions, et donc d’évoluer dans sa pensée. Pour lui, les Historiens oublient trop souvent la Culture, alors qu’elle est forcément marqué par cette dernière. Or, sans Histoire, il n’y a pas de Culture. Tout comme le Présent n’existe pas sans Passé.

322240319206daa41e9f4285779763b9-tarot-decks-oracle-cardsC’est cette notion qui intéresse Warburg : il cherche à créer un classement qui décompose le « sens ». Donc fondé sur ce qui n’est pas évident : contrairement à d’habitude, il cherche les nons-dits. L’inconscience qui offre la superstition ou le symbole. On revient à cette idée : pour lui, la culture devient légende. Il n’y a qu’à voir l’évolution de l’art, au début, on n’aime pas la nouveauté qu’on croit plagié. Mais le modèle, à force de l’être ne devient plus plagié mais devient un modèle. Warburg ce questionne cette évolution, il se demande donc s’il y a des mouvements qui s’effacent ou se répètent pour qu’une oeuvre pérennise dans le temps.

Warburg fini par penser que c’est la répétition du symbole inconscient qui créé l’oeuvre, et qui permet de la répertorier. Le symbole est dynamique, conflictuel, instable, il évolue à travers le temps mais est toujours compris à travers les motifs qui se répètent et évoluent. Didi-Hubermann prend le pathos comme exemple : avec des mouvements, des expressions déterminants. Ces expressions comme elles-mêmes héritées des singes (poils qui se hérissent, tout comme nous quand on a peur), et selon Darwin, cela rappelle de l’homme descendu du singe : le motif revient. La représentation la plus intime est donc l’instinct : l’intime (la peur, pour reprendre notre exemple) et le connu (la représentation : les poils qui se hérissent.)

C’est dans l’invisible qu’est le sens : le vent invisible dans les cheveux qui figure le mouvement. Mais attention, c’est en utilisant l’inconscient à l’excès que le symbole perd de sa substance car trop d’interprétations. Le moindre détails permet donc de faire remonter une connaissance inconsciente, c’est ce qu’on nomme le motif. Ainsi, la manière qu’à Warburg de traiter l’Histoire de l’Art est quasi géologique. C’est une fouille de la mémoire inconsciente : la fouille des couches de motifs que la Culture a inséré en nous.

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Ainsi, Warburg, dans son traitement, refuse une étude linéaire de l’Histoire mais cherche à recréer le mécanisme de la mémoire humaine. Elle analyse par le symbole inconscient (ce fameux manque qui créé la correspondance). C’est donc pour lui l’importance du silence : la faille de la mémoire.

 

Warburg était fou, et il avait la particulier de le savoir. L’angoisse marque donc sa réflexion, et Didi-Hubermann note quand cela a un impact sur son analyse : car Warburg analyse sa folie.

Le Bonus du livre, un échange épistolaire PASSIONNANT avec Nietzches.

Et tout ça, pour le Pavé du Mois d’Octobre 2017 !

Et vous, connaissiez vous Warburg ? Avez-vous déjà lu du Didi-Hubermann ? 

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Whoua une analyse qui semble vraiment atypique !

    1. c’est vraiment top ! Mais très long 🙂

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