L’Idiot – Dostoïevski

Dans le cadre du Challenge des Littératures slaves, j’avais créé mine de rien une catégorie spéciale pour celles et ceux qui voudraient s’attaquer à comparer une oeuvre originale et son adaptation au théâtre. Je m’étais déjà essayé à l’exercice pour les Trois sœurs de Tchékov et adaptées par Stone.
Olala, que de choses à vous dire ! D’abord, vous saviez que Dostoïevski est dans mon Top 3 de mes auteurs préférés ?

Fedor Dostoïevski, L’Idiot, « Folio Classique », Gallimard, 1959-1972, 1009 pages.

Ω Le Roman

lidiot-couverture-r-187x300Encore une fois, il m’a permis de m’échapper à cette mauvaise période, eh oui ! qui dure depuis bien longtemps. Enfermée que j’étais dans le roman, au XIXème siècle avec toutes ces intrigues sentimentales et familiales auxquelles, il faut bien l’avoué, je comprenais peu de choses. Les coups de théâtres rythmés la lectures : pouf ! milles pages envolées, dévorées.
Je m’identifiais sans mal au Prince, à l’Idiot, non pas parce que j’aurais agi réellement comme lui. De toute façon je ne suis pas soumise à la bienséance du XIXème et je n’ai pas tant de sous en poches ! Mais son côté peut-être un peu naïf, et le mutisme qu’il se construit pour se protéger, peut-être que ça me rappelle mes comportements, ma manière de réagir quand je me sens agresser mais que je ne sais pas d’où ça vient, ou que je me sens mal à l’aise dans une ambiance qui me parait hostile (comme au bureau !)

Enfin, j’ai été passionnée par ces passions qui frôlent l’hystérie, et j’y ai retrouvé tous les thèmes qui me sont chers chez Dostoïevski. Ce n’est pas pour rien qu’en Russie on ne jure que sur lui, l’incroyable don de Dostoïevski réside à ne dire rien en 30 pages. J’exagère, ce serait plutôt Hugo.
En réalité, Dostoïevski, par tant de détails, par la voix du raconteur – car il s’arrange toujours pour ce faire – parle de l’âme humaine. Ce mot est aujourd’hui employé à tout va, mais c’est réellement une cristallisation de l’essence humaine que de se plonger dans un Dostoïevski. Ce n’est pas tellement un étalage des sentiments, mais une vraie cristallisation des rapports humains, de quelques pensées, qui font que les rapports sont ce qu’ils sont. Il dépeint les choses avec maestria.
Un exemple insignifiant dans l’histoire et pourtant majestueux : dans le Chapitre VI de la Première partie, où le prince raconte l’histoire de la pauvre Marie.

Une pensée d’effroi s’est infiltrée durant ma lecture : mon dieu ! comment vont-ils adapter ces presque 1 000 pages en 2h30 ? Quels choix ont-ils fait ?

Ω La pièce

Adaptation de : Thomas le Douarec
Avec : Arnaud Denis, Thomas le Douarec, Caroline Devismes, Fabrice Scott, Marie Lenoir, Marie Oppert, Solenn Mariani, Daniel-Jean Colloredo, Bruno Paviot

l_idiotUne semaine que je me demande ce que j’en ai pensé, et que je me demande ce que je vais vous dire. Tout d’abord : une très bonne surprise. Les chapitres et circonstances étaient très bien traitées et choisies, très bien réalisées. 
Mais, dès qu’arrive Aglaia, qui surjoue et cri un peu (on aurait pu s’attendre, après lecture du roman, à une jeune femme qui ne soit pas tout à fait folasse) ça commence à être la première fausse note. Car on se rend compte alors, que comme souvent au théâtre, les traits des personnages sont forcés. Mais ici, à l’extrême, et, si j’ai pris plaisir à reconnaître les moments clés du roman, à me faire bercer par cette impression, je n’y ai pas retrouver la sensibilité, la justesse et la profondeur qui le caractérisait.
C’est comme s’ils avaient été des marionnettes offrant un résumé.
Et Grands Dieux ! Du résumé, il y en a eu. Si on se délecte du premier livre, quoi qu’un peu long, le second livre ne prend, dans la pièce qu’une vingtaine de minute. Halte là ! C’est à ne rien y comprendre. Et n’y ont rien compris ceux qui n’ont pas lu le livre.
La scène passe du noir à la lumière sans cesse, et dans la lumière, des coups de théâtres, présents dans le roman, mais inexpliqués sur scène. Et hop ! On coupe tout, des résumés de-ci, de-là : fin !
Quel dommage ! Avec une Nasstassia Philippovna à tomber et la mère phénoménale.

slave1

6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. AMBROISIE dit :

    Je l’ai dans ma Pal mais je n’ai pas de courage de lire de très longs livres en ce moment. J’attends le bon moment, celui qui me fera sortir de ma zone de confort pour le découvrir.

    1. Tu as bien raison ! Il ne faut pas forcer les lectures 🙂

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