Nouvelles de Tourguéniev & de Tchékhov

J’ai eu le plaisir de découvrir que, pour leurs 15 ans, les Editions Sillage offre Les Commères de Tchékhov pour deux livres achetés. Ils sont spécialistes des textes peu connus d’auteurs classiques. Je vous invite à aller dans leur librairie, une vraie mine d’or et de papier. – Seul bémol ils ne sont pas sympathiques, quel dommage ! – Peu importe, c’est jusqu’en Octobre, foncez ! Découvrez la librairie 17 rue Linné comme la maison d’édition ça vaut le coup !
Je vous présente donc ici les deux recueils de nouvelles de Tourguéniev que j’ai acheté et Les Commères offertes pour cet achat.

Anton Tchékhov, Les Commères, Editions Sillage, 2018, 39 pages, hors commerce.

couv-commeres-716x1024C’est un grand témoignage de la Russie ici, de la guerre qui arrache des maris, les femmes qui restent, les femmes des petites provinces qui s’ennuient, qui sont tenues… Si Tchékhov a voulu montrer du doigt la mauvaise condition féminine de son époque, ce thème sera également très bien traduit dans le recueil ci-dessous. Si bien, qu’on penserait que c’est un même recueil ! On retrouve les petits propriétaires de terres paysannes, les mêmes mœurs et histoires de filles et de mariages… Les mêmes rêves, les mêmes réaction de père russes.
Cela fait maintenant plus de 6 mois que j’ai commencé le Challenge des Littératures Slaves, et je remarque qu’il y a tout de même une forte présence de deux choses : l’alcool, la vodka (avec un peu de thé), il en boivent autant l’un que l’autre. Honnêtement, je me demande parfois comment ils tiennent debout. L’ivrognerie est presque culturelle dans les familles en déchéances. C’est vraiment très marqué (chez tous les auteurs que j’ai pu citer ces derniers mois, chez Dostoïevski, ou plus récemment Bortnikov) cet alcoolisme est ancré dans la culture, c’est quelque chose de la vie courante qui arrive, que voulez-vous ? C’est un rapport très étrange à cela.
L’autre caractère culturel fortement marqué, c’est les femmes battues. Je vous assure il y a une scène de ce genre dans plus d’un livre sur deux. Pareil, même s’il y a toujours un pour arrêter le poings avant qu’elle ne trépasse, c’est hyper régulier. C’est ce que les auteurs, même contemporains, observent et racontent de leur culture.
C’est tout à l’honneur de Tchékhov, d’avoir fait paraître ce texte en 1891 dans le numéro 5502 du quotidien Temps nouveau mais ça n’a pas été d’une grande aide pour éveiller les conscience on dirait.

Ivan Tourguéniev, Un Roi Lear des Steppes, suivi de L’Auberge de Grand chemin et de Moumou, Editions Sillage, 2016, 240 pages.

tourgueniev_roi_lear_steppes-718x1024Ce serait mentir que de dire que j’ai un clair souvenir de Tourguéniev. Je me rappelle du beau temps, d’une lecture sur le sommet d’un château, et d’une lecture, Premier Amour, qui s’y prêtait magnifiquement bien ! J’avais 13 ans et c’était une lecture pour le collège, je m’en rappelle avec une douce nostalgie car c’est ce que cela m’évoquait à l’époque, ça et la beauté. Mais c’est tout.

Alors je redécouvre totalement cet auteur. Mon souvenir contient aussi quelque chose avec beaucoup de ronflant et un peu compliqué : et pour cause ! À cette lecture j’ai a nouveau découvert des mots, vraiment, j’en ai appris de nouveaux !
Au delà de la beauté de la langue, C’est vraiment magnifique, l’intellect y est sublime, on ne se rend même pas compte qu’on apprend, on plonge littéralement dans sa Russie. Une Russie classique, désuète mais merveilleuses. C’est un peu comme lire des histoires des châteaux de Rois de France, bien que j’y sois bien moins sensible, et qu’ici on parle plutôt de propriétés bourgeoises côtoyant des paysans.
Même moi qui ne suis pas croyante, je trouve que Tourgéniev a sublimé la foi. Je n’ai que des éloges à faire, ce sont des nouvelles belles, dans le fond comme la forme, passionnantes, prenantes, témoins d’une époques et de mœurs, on a l’impression d’avoir appris comme si on avait lu 100 pages en 10 seulement qu’on dévore rapidement. Quel délice !
Et, attention chose rare ! La dernière nouvelle m’a tiré des larmes !

Ivan Tourguéniev, L’exécution de Troppmann, Editions Sillage, 2012, 80 pages.

couv troppmann def_couv.pdf, page 1 @ Normalize_2 ( Maquetaci—nIci, sont présentées trois nouvelles biographiques, dont la principale qui est le titre du recueil. Je vais être rapide, mais il est saisissant, Tourguéniev a eu la possibilité d’accompagné un homme aux portes de la mort. Assassin, ou non, nous ne le savons pas, Troppmann sera exécuté pour meurtre. Et par les yeux de l’auteur, on assiste à la dernière toilette du condamné, à toutes les impressions à fleurs de peau. Et à ses craintes : devant l’attroupement de la populace, ce besoin avide de se nourrir de mort… Que signifie-t-il ?
Avec lui, nous vivons également en quelques pages, un navire qui chavire, un bon témoignage de l’intérieur d’une tragédie, et enfin une histoire, témoignage également du karma -où l’on retrouve la même société riche de campagne et le patriarcat décrit plus haut.

Avez vous déjà redécouvert ainsi, avec passion, un auteur, 10 ans, 15 ans, après ?

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5 commentaires Ajouter un commentaire

  1. PatiVore dit :

    Comme j’aimerais lire en russe ces auteurs, avoir le niveau pour lire des textes courts comme des contes, des nouvelles, voire du théâtre, peut-être un jour… Bon weekend 🙂

    1. J’aimerais énormément aussi !
      Malheureusement les cours de russes que j’avais pris en première année de fac m’ont un peu découragés ! Ahah !

  2. Je garde un excellent souvenir des livres de Tourgueniev que j’ai lus, Premier amour et surtout Père et Fils, lus il y a fort longtemps. Votre billet me donne envie de relire cet écrivain.

    1. Dans ce cas je te conseille ce livre ça m’y a fait replongé et m’a beaucoup plus. Ça m’a vraiment donné un regain d’intérêt pour cet auteur

      1. Je prends note, merci !

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