Nostalgia, la mélancolie du futur

Belle et sensible introduction sur une Russie contemporaine, et, se peut-il, intellectuelle. Une introduction sur l’origine de ces nouvelles, sur l’importance de la nostalgie, ce qu’elle signifie. De plus, l’objet est magnifique : livre sublime, belle typographie, sombre et agréable, cruel et beau. S’ouvre ensuite sur le sommaire dont on reconnait Zakhar Prilepine, Andrei Ivanov ou encore Edouard Limonov, qu’on avait déjà croisé dans l’incroyable Challenge des Littératures slaves.

Nostlagia, la mélancolie du futur, recueil de nouvelles russes, préface de Mazarine Pingeot, sur une idée originale de SergueÏ Nicolaïvitch et Natalia Turine, Snob Media Publishing, 2014, Daphnis et Chloé, 2015, pour la version française.

nostalgia-1c3a8re-de-couv-2-copieFéminisme oblige, on est ravi de voir que le recueil s’ouvre sur une nouvelle d’autrice ! Les femmes ne sont pas en reste d’ailleurs, dans le reste du recueil.
On découvre des écrivains nostalgiques, certes, ce ne sont pas des textes gais. Les thématiques de la mort et de la perte sont omniprésentes, brouillées avec la thématique de la nation. Malgré le regard, parfois critique, au sujet de certains faits dû au Communisme, les auteur.rice.s, sont bien attristés de ce goût d’enfance échappé, ou une histoire d’amour oubliée… quelque part, il y a toujours, dans la mélancolie, le sentiment d’être hanté.

On en réchappe pas indemne, d’abord parce que la Russie est un pays qui me fait rêver, et, paradoxalement, ce livre serait plutôt l’envers d’un rêve… Pas réellement un cauchemar mais une bien pure réalité.
On traverse les époques, les paysages, les personnages, les thématiques, mais toujours avec ce sentiment de mélancolie tenace à la peau, mais si bien mené ! Je ne vais pas faire de détails des nouvelles, certaines, tout naturellement, m’ayant moins enchantées que d’autres.
La fin du recueil glisse sur un fantastique discret mais aussi présent qu’angoissant, tellement bien maîtrisé que c’est un délice ! J’ai savouré ma balade en Ecosse, à Paris, et j’ai adorer sillonner la Russie en train, ce livre, c’est vraiment un voyage !
On en ressort donc tout émerveillé, car au fil des pages, c’est une mélancolie quelque peu plus douce, quelque peu plus étrange qui ferment le recueil ( bravo Alexandre Kabakov, Zakhar Prilepine (encore ! lui qui m’a inspiré le Challenge des littératures slaves), Igor Sakhnovski, Ludmilla Petrouchevskaya et Tatiana Chtcherbina)

Mais, alors qu’on fini sur cette note de mélancolie aussi douce qu’acre, je ne peux m’empêcher de penser à d’autres nouvelles qui m’ont marquées beaucoup plus pour leur aspect historique. Parce que, non seulement, elles témoignaient de faits amplement véridiques, mais été symptomatique d’une pensée, d’une manière de vivre, d’une époque. Ainsi que me reste en tête, désemparée face à l’envoi en Sibérie de nombreuses familles pour repeupler ce coin là avec « La Ville des rues sans noms » de Jaroslava Poulinovitch ; et, plus tragique, le retour en Russie des combattants, des prisonniers, des déserteurs… « La Patrie vous attend ! » de Mikhaïl Chichkine.

Pour plonger en Russie et découvrir ses auteurs contemporains : à lire d’urgence !

Dans le cadre du mois de l’Europe de l’Est de Eva, Patrice et Goran, c’est aussi mon Pavé du Mois.

 

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Patrice dit :

    Quelle jolie contribution au Mois de l’Europe de l’Est ! Très joli livre, je le note pour l’année prochaine 🙂

    1. Merci !
      Il est vrai que je le recommande. Pour découvrir les univers des auteurs russes d’aujourd’hui c’est vraiment top !

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