M/T et l’histoire des merveilles de la forêt – Ôé

J’ai le plaisir, de vous présenter une lecture commune avec Goran ! Quelle joie face à cette proposition! Allez lire son article ICI, et abonnez-vous si vous ne connaissez pas encore son blog qui vaut le détour !
Moi, qui n’avais pas lu de littérature japonaise depuis un moment, alors que j’avais adoré quelques ouvrages (jeune fille suppliciée, ou déjà des contes) et détestés certains autres (Murakami, avec qui, décidément je ne m’entends pas contrairement à son homonyme).
Ainsi, entre merveilleux et souvenirs réels, M/T et l’histoire des merveilles de la forêt questionne notre rapport à la littératures et aux contes.

Kenzaburô Ôé, M/T et l’histoire des merveilles de la forêt, Folio poche, 2016, 431 pages.

51u4ofb12bxl._sx210_Alors, je vais commencer par le négatif, bien que ce ne soit pas une critique négative, mais j’ai été infiniment gênée par l’écriture. Je l’ai trouvé incroyablement laborieuse et hermétique, mais, je pense que c’est lié à la culture car ce n’est pas la première fois que cela me donne cette sensation (ici.) J’ai donc eu beaucoup de mal à accrocher, l’écriture est descriptive, si bien qu’il y ait un dialogue ou de l’action : c’est de la description. Chaque phrase étant reformulée deux à trois fois avant de passer à l’idée suivante. Et c’est ça qui m’a énormément gênée, que j’ai trouvé laborieux : cela n’avançait pas.
Ainsi, par l’écriture, je ne me suis pas passionnée par les personnages, je n’ai eu aucune empathie – ce qui rallongeait encore la sensation de temps de lecture – les histoires me coulaient plus ou moins dessus. Je me suis vraiment accrochée en ce début de lecture…

… Et puis, je me suis laissée prendre, alors, non pas par l’écriture ou les légendes, encore moins les personnages, mais à toute l’idée que j’ai vue derrière tout cela.
J’ai trouvé une très fine analyse, ou du moins une vraie expérience de la lecture, du rapport du lecteur avec ce qu’il lit, avec son imaginaire… La plupart des histoires merveilleuses sont contées au narrateur, qui, plus tard, fera des études et les racontera (ou les écrira) à son tour. Il y a cette idée prégnante de la transmission de la mémoire : mémoire familiale, mais mémoire d’un village aussi… Où il n’est plus important de distingué le vrai du faux, il faut seulement y croire. Un peu comme le monde de Peter Pan. C’est là où est tout l’intérêt, et, comme eu dit Picasso : « tout ce qui peut-être imaginé est réel. »
Un livre qui, tout en racontant des légendes, questionne notre rapport aux contes, l’enfant a-t-il le même rapport aux histoires qu’un universitaire ou qu’un vieux sages ou encore qu’un adolescent qui fait sa crise ?
La métafiction qui fait cauchemarder les lycéens en parcours littérature est ici sublimée, démontrée, mais aucune de ces réflexions ne paraissent lourdes : noyées dans de merveilleuses légendes.  Que tire-t-on des légendes ? Peut-on réécrire l’Histoire ou l’effacer ? Que fait-on de l’imagination du lecteur ou de l’auditeur ?

Un livre dont la lecture n’a donc absolument pas été un plaisir, mais le plaisir, finalement, s’est trouvé là où je ne l’attendais pas… Merci Goran ! 

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4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Du coup, votre avis n’est pas si négatif que ça ! Ca parait même intéressant … Je le lirai peut-être, pour voir.

    1. Non j’ai réussi à tirer mon épingle de la lecture !
      Mais je pense que je n’en garderai pas un bon souvenir

      1. Ah je vois 🙂 Dans ce cas, je vais m’abstenir …

  2. Je pense que le style de l’auteur y est pour beaucoup : si tu le trouves en librairie, lis les premières pages : tu seras vite fixée ! 🙂

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