La Revue de l’Automne – 2019

EEEEH BONNE ANNÉE !

Vous avez peut-être remarqué qu’il a manqué le Top & Flop de novembre, c’est parce que je concoctais un nouveau format d’article que voici : La revue de presse trimestrielle. Cet article permet de tester ce nouveau format. Alors, s’il convient, rendez-vous en Mars pour La Revue de Presse, premier trimestre 2020.
Toujours inspiré du sympathique « C’est le 1er, je balance tout » d’ Allez vous faire lire.
D’une part, je manquais de temps pour rédiger mes Top & Flop mensuels en plus des articles, mais il me paraissait intéressant de conserver le suivi des Challenge et d’ajouter les lectures annexes que je pouvais avoir : celles qui me font parfois hésiter à faire un article. Et toujours, la revue de presse ne parle pas que littératures mais aussi de spectacles, d’expositions, ou de lieux de bouche !
J’ajoute également la Ludothèque, j’avais pour projet d’en parler déjà il y a un an (en janvier dernier, tout à fait) mais en un an on dirait que je n’en ai pas trouvé le temps. Ce Bilan trimestriel et non mensuel me laissera l’occasion, j’ose le croire, de vous accroître la fenêtre sur mon univers, de lecture bien sûr, mais d’à côté aussi.

N’hésitez pas à me faire part, vous aussi, de vos adresses coup de cœur, des expositions à ne pas ratés, des spectacles à rater, et des jeux à tester 😉

Ce trimestre on a eu : du froid, de belles expositions où s’abriter et on a bien avancé dans les challenges !

CHALLENGES

Challenge Voix d’Autrices
Anne Sebba décortique la vie des Parisiennes durant la Seconde Guerre Mondiale.
Cynthia Eller nous offre un merveilleux essai sur le féminisme spirituel.

Challenge Un Mot, des titres – Le mot « DANS » du 14 octobre au 14 décembre
C’est un échec, devant vider ma Pile à lire je n’avais rien qui correspondait malheureusement !

Challenge Le Pavé du Mois
L
e Pavé de novembre avec Portes Closes et Oeuvres invisibles, esthétique contemporaine.
Le Pavé de décembre avec L’esthétisation du monde, aussi un livre d’esthétique contemporaine qui remet en doute vos croyances sur la société d’un point de vue artistique.

En 2020, on continu les Challenges ! Le Pavé du mois, pas toujours tenu, se poursuit, je remets ça avec le Challenge Roman Graphique qui cette fois-ci possède des catégories ! Enfin, j’attends la relance du Challenge Voix d’Autrice, en espérant que les catégories soient un peu mieux adaptées… Et pour finir Madame Lit m’a charmée avec son challenge des prix littéraires, auquel je ne suis pourtant pas sûre de participer !

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(c) Olivier Lechat.

EXPOSITIONS

Ω PARIS. Elisee, une biographie, Florentine & Alexandre Lamarche Ovize, Drawing Lab jusqu’au 09 janvier.
J’avais découvert Florentine & Alexandre Lamarche Ovize dans l’exposition Savoir Faire Savoir, à nouveau, ils ont prouvé leur grande technique céramique, leur incroyable don du dessin. Le faux plafond peint est pour moi la pièce maîtresse de cette exposition.

Ω PARIS. Degas à l’opéra, Musée d’Orsay jusqu’au 19 janvier.
Exposition block-buster dont de nombreuses œuvres sont importées des Etats-Unis, c’est très beau, mais peu surprenant.

Ω PARIS. Bacon en toutes lettres, Centre Pompidou jusqu’au 20 janvier.
Exposition fabuleuse, les commissaires ont choisi d’exploiter les ouvrages de l’immense bibliothèque de Bacon et de les confronter à ses œuvres. De ce fait, le cheminement des œuvres se créé comme dans l’intimité de ses étagères. Une exposition qu’il faut à tout prix voir car je suis profondément convaincue par cette forme de médiation de l’oeuvre, qui existait déjà dans Le temps des assassins à la Galerie Journiac il y a presque deux ans.

Ω PARIS. Toulouse Lautrec, Grand Palais jusqu’au 27 janvier.
C’est toujours magnifique Toulouse Lautrec, mais connaissant bien Albi je n’ai appris que peu de choses. Toujours une grosse production millimétrée mais sans réelle profondeur.

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Vue de l’exposition © Fondation Giacometti

Ω PARIS. GIACOMETTI/SADE, Cruels objets du désir, Institut Giacometti jusqu’au 09 février.
Comment Giacometti s’est-il inspiré de l’oeuvre de Sade pour sa période surréaliste ? Exposition qui répond à cette question de manière extrêmement documentée. Très agréable à visiter dans un immeuble art déco. Elle vaut le coup d’oeil ! Un traitement des rêves particulièrement intéressant.

Ω PARIS. Huysmans de Degas à Grünewald. Sous le regard de Franseco Vezzoli, Musée d’Orsay jusqu’au 1er mars.
Intéressant de découvrir Huysmans comme critique d’art, en regard des artistes qui l’ont lui même inspiré et de Franseco Vezzoli qu’il a lui-même inspiré. De très bonnes analyses par un expert de Huysmans, prof à la Sorbonne c’est lui qui rédige les préface des pléïades qui lui sont consacrées.

Ω PARIS. Barbara Hepworth, Musée Rodin jusqu’au 22 mars.
Coup de coeur absolu, il vous faut vraiment vous y rendre. Inconnue en France car éclipsée par ses confrères masculins, elle eut une brillante carrière aux Etats-Unis. Cette artiste sculptrice entretient un lien tout particulier avec la matière, pour cause : amoureuse du paysage elle réfléchit au lien entre nature et sculpture. Laissant des oeuvres en proie à la nature pour qu’elle soit recouverte. Elle écrit de très belles choses au sujet de son atelier.

Electre Oreste - Euripide - Ivo van Hove - Comedie-Francaise-Salle Richelieu

SPECTACLES

Ω Electre & Oreste, Euripide mise en sccène par Ivo van Hove, La Comédie Française, jusqu’au 16 février.
Alors, tout d’abord j’aimerais régler mes comptes avec Electre : ARRÊTE DE HURLER. !!! C’est triste de voir à la Comédie Française quelqu’un qui ne sait pas jouer et qui hurle de tous ces poumons. Si c’est la pire, Oreste et son acolyte sont pas loin derrière. La scénographie cependant est magnifique et très sombre, j’ai beaucoup aimé. Mais bon… Peut-être faudrait-il envisager les acteurs avant la scène la prochaine fois… On a déjà vu mieux avec moins.

LUDOTHÈQUE

Ω ST RAPHAEL (83). LE TRÉSOR DES INCAS – TOTAL XSCAPE.
Classique et bon enfant. Une excellente salle pour commencer à jouer aux Escapes Game.

Ω PARIS (09). ESCAPE GAME. LA PLANÈTE DES CHATS – LE TRIANGLE.
Serait-il possible que je ne vous ai jamais parlé d’Escape Game ? Eh bien oui, mais c’est dommage car j’adore ça ! Le Triangle a réuni le jeu et les chats, en partenariat avec une association, ils sont adoptables à la fin de l’épreuve. Dans ce contexte où les chats ont pris le contrôle de la maison blanche, nous devons désamorcer une bombe et nous avons une heure. Classique, mais très bien fait ! Les humains s’agitent et fouillent partout alors que les chats… roupillent, pas dérangés pour un sou. Une super expérience !

Ω Sherlock Holmes – Détective Conseil chez Space Cowboy.
C’est loin d’être un jeu d’apéro. C’est un jeu de société extrêmement long, et il vous faudra de la patience et de la logique pour arriver au bout des énigmes. Vous êtes munis d’un livret-jeu, une carte de Londres, un annuaire et de journaux. Avec tout ça, et une bonne méthode, de 1 à 6 joueurs, vous pourrez démêler des affaires emberlificotées, et interroger des suspects.
Alors, c’est mon petit coup de coeur pour le design et l’ambiance et la méthode de jeu. Mais il faut avouer que souvent il est trop prise de tête pour mes compères.

Ω PARIS (15). MEEPLE CAFE – BAR A JEUX.
Sincères passionnés, le couple a ouvert ce petit lieux qui ne paie pas de mine : ambiance bonne enfant avec des chaises en plastiques et des montagnes de jeux qui donnent furieusement envie d’ouvrir toutes les boîtes. Les tenanciers sont adorables, le choix pratiquement illimité, on dira à nouveau que ça ne paie pas de mine m’enfin… Tant pis, c’est l’ambiance qui est précieuse ici !

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Barmaid aux Lettres. Décembre 2019.

PRESSE

Ω Billet de Monsieur Le Prof.
C’est un influenceur que j’aime beaucoup suivre, peut-être le seul d’ailleurs. Mais je trouve souvent son analyse très juste en date du 03 décembre, tout comme celle-ci qui décrypte quelle est cette nouvelle espèce, ces jeunes d’aujourd’hui. Édifiant, à lire absolument. Voici donc le poste en intégralité car je pense qu’on a rarement eu un regard aussi juste – et pas seulement scolaire – sur cette génération :

« Génération de fragiles »

Lorsque j'ai parlé de l'angoisse qui pouvaient ressentir les élèves suite à l'application (à peine précipitée) de la réforme du lycée, une réaction que ça a suscité, a été de traiter les élèves, ou cette génération, de « fragiles », et de s'en gausser, en disant que nous « à l'époque » on chouinait pas autant, et que tout ça c'est la faute des réseaux sociaux qui a créé une génération de pleureuses, etc.

Bon, déjà, même si je traîne sur Internet depuis un moment, je n'en reste pas moins toujours surpris du manque terrible d'empathique dont font preuve beaucoup ici bas. On parle de stress chez les ados, dont certains font des crises d'angoisse, dont certains font un passage à l’hôpital, il y a des centaines de témoignages à ce sujet, et le premier truc que pensent à faire certains, c'est les insulter, c'est en rajouter une couche, plutôt que de tenter de leur apporter leur soutien. Bel état d'esprit.

Il est intéressant de se pencher sur le glissement sémantique qui a fait de « fragile », une insulte, d'ailleurs, comme « victime » quelques années auparavant. C'est symptomatique de notre société où l'individualisme est poussé à l'extrême : on pointe du doigt les gens qui ont des faiblesses, on n'est plus du tout dans une optique de se serrer les coudes, de tendre la main à celui qui a des difficultés, non, c'est vraiment du marche ou crève, si t'es faible c'est de ta faute et c'est ton problème, pas le mien.

Alors oui, certes, il me semble qu'en effet, les élèves de cette génération sont psychologiquement plus fragiles qu'avant. Face à ce constat il y a deux possibilités : on peut très bien se contenter de les pointer du doigt, se foutre d'eux en se disant qu'on valait mieux qu'eux. C'est ce que beaucoup ont fait en commentaires, surtout sur Twitter. Ou alors on peut se questionner sur les raisons de cette fragilité. On peut garder en mémoire qu'un enfant, un adolescent, n'est finalement que le fruit de la société dans laquelle il évolue, et que s'il est « fragile », il y a de grandes chances pour que le monde autour de lui l'ait fragilisé.

Le monde a énormément changé en 10 ans. 2010 ça nous paraît être hier, mais un fossé gigantesque nous en éloigne déjà. Je vais tâcher de faire une liste non exhaustive de ce qui peut expliquer l'angoisse que ressentent beaucoup de nos élèves.

- Les adolescents d'aujourd'hui ont grandi sous l'état d'urgence. Alors nous on avait certes déjà le fantôme du terrorisme qui s'agitait, mais ça restait rare et lointain. Depuis 2012, on a une recrudescence du terrorisme qui frappe des écoles ou des lieux touristiques. Les années sans minute de silence sont rares. Et chaque année, désormais, on fait des exercices « alerte attentat » où on doit se barricader dans la salle, faire s'allonger les élèves sous les tables, pendant que des membres de l'équipe de direction tambourinent à la porte et essaient d'entrer. Chaque année. Vous avez dit anxiogène ?
- Au delà de la menace terroriste, depuis les attentats de Charlie Hebdo, on sent la France se crisper, se fracturer en entités qui semblent irréconciliables et qui se foutent constamment sur la gueule, à chaque mouvement social, la stratégie politique consiste à mettre en concurrence les différentes couches sociales, et on se retrouve avec des guéguerres internes où chacun en prend pour son grade, et où finalement tout le monde y perd.
- Tout cela est amplifié par l'arrivée de la TNT et des chaînes d'infos en continu, qui font caisse de résonance et semblent nous montrer H24 des plateaux où les invités se tapent sur la gueule et se coupent la parole à chaque fois, à grand renfort de hurlements et de mauvaise foi, dans une logique des plus partisanes où il faut défendre son camp envers et contre tout, même quand on sait pertinemment qu'on a tort
- D'un autre côté, on a l'émergence des réseaux sociaux, qui, s'ils étaient à l'origine plutôt bon enfant, sont devenus des arènes où n'importe qui peut jouer à l’éditorialiste dans l'espace des commentaires, sauf que cette fois on est pas à la télé, donc on s'insulte joyeusement.
- A ça s'ajoutent les mensonges des hommes politiques, des journalistes (big up à vous LCI, on attend toujours que vous corrigiez votre annonce selon laquelle on gagne 3800€), et les fake news, qui font qu'on ne sait plus vraiment qui croire, en qui faire confiance

Bref, ça c'est un peu le décor dans lequel les ados d'aujourd'hui grandissent. C'est quand même peu glorieux. Et nous autres adultes, dans ce monde, qu'est-ce qu'on leur donne ?

- On leur met des tablettes / smartphones dans les mains dès le plus jeune âge. On a tous vu des bébés ou enfants en très bas âge avec une tablette dans les mains. Alors c'est très bien pour les calmer askip, mais d'un autre côté, sur les tablettes il y a du contenu en illimité, une fois leur dessin animé ou bidule fini, hop, directement ils ont accès à du nouveau contenu. Ca bousille complètement les circuits neurologiques de la récompense, et ça risque d'en faire des individus moins patients. Est-ce leur faute ? Non, ce sont bien des adultes qui leur mettent ça dans les mains.
- On voit maintenant des parents qui promènent leurs enfants avec des écouteurs dans les oreilles, on voit des parents scotchés à leur téléphone tandis que les enfants essaient de capter leur attention. A partir du moment où on te met en concurrence avec un appareil électronique dès ton enfance, comment veux-tu te construire correctement ?
- Une fois devenus ados, on leur file un smartphone avec accès internet illimité dans les mains. Bah ouais, maintenant c'est pas si cher que ça, et puis il y a la pression sociale, vous comprenez, tous les ados en ont un maintenant... Donc résultat, dès la 6ème (voire l'école primaire pour certains!!) on a des élèves accros à leur téléphone, qui ont les yeux explosés le matin parce qu'ils ont passé une bonne partie de la soirée sur leur écran, qui n'ont pas beaucoup révisé non plus, parce qu'entre le nouveau jeu à la mode ou l'apprentissage de leçons, faut bien choisir... On a donc des élèves fatigués, moins bosseurs... mais est-ce leur faute ? Non, ce sont bien des adultes qui leur mettent ça entre les mains, et nulle doute que si j'avais eu un smartphone à leur âge, mes études en auraient pâti
- La construction de son identité en tant qu'ado a toujours été quelque chose de compliqué, on se juge sur notre physique, sur nos vêtements, les marques qu'on porte, sur notre façon de suivre (ou pas) la mode, etc. Imaginez maintenant qu'en plus de ça, maintenant il faut gérer son image VIRTUELLE ? Les élèves ont non seulement leur vie au bahut à gérer, mais maintenant, avec les différents réseaux sociaux, il existe une certaine pression pour se montrer cool sur les réseaux. Le FOMO (fear of missing out) pousse les ados à mettre en scène leur vie privée pour la rendre plus cool qu'elle n'est, et à se jeter sur les derniers jeux/séries/mèmes à la mode histoire de pas se sentir exclus. Et nous ? Est-ce qu'on sait gérer ces nouveaux réseaux correctement ? Je ne crois pas, non, alors comment peut-on exiger des ados qu'ils en aient une utilisation plus cadrée ?
Et je ne parle pas de la question du Cyber Harcèlement, qui à notre époque n'existait pas, ce qui, même si on était harcelés à l'école nous permettait de respirer un peu à la maison, dans notre cocon. Aujourd'hui, plus de cocon, le harcèlement se fait virtuel et répand sa haine même le soir.

- Mais y'a pas que le téléphone dans la vie, en dehors de l'école, ils peuvent aussi regarder la télé. Alors j'sais pas pour vous, mais moi quand je revenais de l'école ou du lycée, j'avais des programmes pas trop stupides à regarder le soir. Vous avez déjà fait le test de zapper de la chaîne 1 à la 25 entre 17h et 20h ? C'est une purge, vraiment. Entre Touche pas à mon Poste, La Villa des Coeurs Brisés, les Marseillais ou les Chtis à Miami, et autres conneries du genre, la télé made in TNT est une immense décharge. Et le pire, c'est que ces conneries sont accrocheuses, évidemment qu'un ado (ou jeune adulte) peut tomber dans le panneau. Mais c'est d'un cynisme ! D'une vulgarité ! D'une laideur ! On te montre des émissions ou même si t'es le dernier des abrutis, juste en sortant une phrase du style « allo t'as pas de shampoing » tu peux devenir une STAR et bénéficier d'un boost immense de popularité sur les réseaux sociaux, et exister, et vendre des trucs pour avoir les dents blanches wooohoo ! J'sais pas si vous avez déjà demandé aux lycéens ce qu'ils veulent faire plus tard, mais il y a de très grandes chances pour qu'ils vous répondent un truc lié à l'argent. Ils veulent faire de l'argent. Et à nouveau on peut les pointer du doigt pour ça, ou alors on peut se dire que ouais, dans un monde où les clips musicaux sont une ôde au consumérisme, ou toutes leurs stars de téléréalité font des snaps pour montrer le monde de luxe dans lequel ils évoluent, bah ouais, les gens qui sont connectés à tout ça H24 grâce aux réseaux sociaux ont envie de vivre la même chose, c'est normal ! Ce cynisme, cette superficialité et cette vénalité vous est offert par des adultes, encore une fois.

- D'un autre côté, on ne cesse de faire comprendre que le monde dans lequel ils vont évoluer est CONDAMNE, que les ressources naturelles s'épuisent, que les eaux vont monter, que le climat va se dérégler et qu'on ne compte rien faire pour changer ça ! Et quand une ado de leur âge monte au créneau et balance aux hommes politiques leur inaction et leur manque de considération pour les générations futures au visage, que se passe-t-il ? Bah on se fout de la gueule du messager ! On se moque de son autisme, on se moque de son âge, on lui fait remarquer qu'il y a 3 ans elle a osé boire dans une bouteille en plastique, et on balaye tout son message d'un revers de la main. Bel exemple pour la jeunesse, belle main tendue vers eux, n'est-ce pas ?

- Dans un contexte géopolitique plus large, on a tous grandi avec la construction de l'Europe, l'ajout de nouveaux pays, l'idée d'union entre les peuples youplaboom... Mais les ados d'aujourd'hui ils grandissent dans une Europe fracturée, entre Brexit et montée des nationalismes dans de nombreux pays.

- Bon, et dans tout ça, dans ce monde pas terrible qu'on offre aux générations futures, il y a l'école. Et l'école c'est cool, parce que c'est un peu une bulle hors du monde, où les valeurs reines sont le goût d'apprendre, où la bienveillance règne, où on donne à chacun les outils nécessaires à leur réussite dans leur vie....... LOL ! En vrai les élèves en situation de handicap doivent suivre les mêmes cours que les autres mais n'ont pas forcément d'aide pour autant, le programme est à la fois trop ambitieux dans le contenu, et évalué de façon trop laxiste ce qui fait que les élèves ne savent pas vraiment ce qu'ils valent, et avec la dernière réforme en date, à nouveau, c'est marche ou crève ! Cette réforme transforme les établissements scolaires en centre d'examens, ce sont désormais des lieux pour sanctionner le savoir, et faire un bon ptit tri sur critères sociaux comme on aime. Bah ouais, ceux qui le pourront se paieront des « coachs en orientation » et des cours particuliers pour gérer au mieux les épreuves leur ouvrant les portes de leur école. Ceux qui n'auront pas la thune subiront. Nous on n'a pas connu Parcoursup, on n'a pas connu les places de plus en plus limitées à l'université, notre objectif numéro 1, c'était le bac... maintenant ce n'est plus vraiment le cas ! Le bac fait certes toujours stresser, mais ce qui angoisse vraiment, c'est les études supérieures, et la possibilité de suivre les études qui les intéressent, ce qui n'est plus du tout évident. Et encore une fois, sont-ce les ados qui sont à l'origine de ça ? NON !

Bref, avec tout ça, tu m'étonnes que les ados soient à cran. Ils évoluent dans une France qui s’entre-déchire, dans un monde où les crises politiques et écologiques donnent peu d'espoir pour le monde de demain, où on leur ferme l'accès aux études qu'ils souhaitent poursuivre à cause d'un algorithme opaque que personne ne comprend, où on leur plaque une réforme passée en vitesse à laquelle personne (profs et ministère compris) n'est préparée, et après, quand ils font des crises d'angoisse, que tout ça les fait stresser, on a en plus l'indécence d'en rajouter une couche et de les traiter de « fragiles » ou de chouineurs en se gaussant ? Vraiment ?

Ce n'est pas parce que nous aussi, nous avons été à l'école, que nous pouvons pour autant comprendre les difficultés que les nouvelles générations rencontrent aujourd'hui. Le monde a évolué, et ça serait peut-être pas mal de s'en rendre compte, histoire d'accompagner au mieux les ados dans ce monde hostile qu'on leur laisse.

Ou alors on peut se contenter d'un « pff, les jeunes de nos jours ». C'est vrai que c'est plus simple.

A+.

Ω «Ok Boomer» ou la déchirure d’une insoutenable vision du monde, Guillaume Lohest, 13 décembre.
L’article a d’abord paru sur son blog avant d’être publié – à la rentrée – dans un magazine papier. Il faut dire que ça vaut le coup. Et si j’en parle ici, c’est justement car c’est en écho magnifique avec les propos de Monsieur Le Prof ci-dessus. Ces gamins sont une fois de plus irrespectueux, quand ils cherchent à faire passer leurs revendications (et on sait que les gamins ont des choses à dire – coucou mai 68) ils insultent de « vieux » ceux qui leur parlent. Tous ? Non ! Boomer ? Ce n’est pas vieux. Et cet article illustre très bien toute la plaie à vif qu’il y a derrière cette expression.
Pour reprendre l’idée générale, mais avec humour ! Je partage ce tweet :

Ω Générations climat, Le Monde Hors-Série, décembre 2019.
Toujours sur le thème d’une jeunesse héroïque prête à combattre pour la planète, le Monde livre un hors série d’une extrême qualité. De la belle ouverture, au déroulé présentant alternativement artistes et jeunes acteurs, pour s’achever sur des solutions durables qui ne relèvent pas de l’action personnelle – et qui parait donc bien vaine à côté des constats catastrophiques, ainsi que du silence et de la surdité des Etats. Choquant, des articles bien écrits, une note d’espoir sans jamais tomber dans une imminente fin du monde, cet Hors-Série a un ton juste qui a pour mérite d’exprimer clairement les choses, sonner la sonnette d’alarme tout en chantant l’espoir. Entretiens et articles d’une grande qualité, dans une dénonciation qui s’appuient sur des faits et des études irréfutables. Achetez-le, lisez-le ! C’est bien bête de publiciter du papier en parlant de ce sujet… Mais les choses sont en train de changer et ce magazine explique avec brio pourquoi et comment, annonce que ce n’est pas une lubie des gamins nés en 2000, par ses explications claires ce numéro peut apporter bon nombre de prises de conscience.

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Barmaid aux Lettres. Décembre 2019.

Ω Best of 2019, les articles de la presse étrangère qui ont marqué l’année, Courrier international, Hors-Série, décembre 2019 – janvier 2020.
Surprenants, drôles, certains articles ne sont pas restés anecdotiques pour l’humour inattendu dont ils font preuves. Mais ce n’est pas les plus intéressant, un reportage sur la sexualité en Europe au XXIe siècle est d’ailleurs passionnant, bien que j’eus été sceptique quant au sujet, malheureusement, il faut payer pour avoir la suite du reportage en ligne…
Les photos de l’année ont été bien choisies, chocs et symptomatiques. C’est un hors-série intéressant et bien mené aussi bien d’un point de vue graphique que dans les contextualisation qu’elles soient de l’événement traité ou du journal dont l’article est extrait.

Ω Freelance, entraide ou loi de la jungle ? Socialter Hors-Série, novembre – décembre 2019.
C’est un très bon numéro pour aborder le micro-entrepreneuriat, avec des conseils, des idées… Pour apprendre à fixer son prix ou à se constituer un réseau, si ce n’est pas une parole messianique il est évident qu’ils aident pas mal le novice pour lui dire de quel côté regarder.
L’article phare selon moi ne traite pas de tous ces états de fait sur le monde start-up, les grandes réflexions autour de coworking, non… Il est dans quelque chose de plus social : l’image qu’on possède des freelance. « Mère, auteure et freelance » donne un bon goût de ce que c’est que de réellement travailler à la « maison. » De la complexité à gérer et à faire comprendre la frontière géographiquement faible entre boulot et dodo.

Ω Freelance, entraide ou loi de la jungle ? Socialter Hors-Série, novembre – décembre 2019.
C’est un très bon numéro pour aborder le micro-entrepreneuriat, avec des conseils, des idées… Pour apprendre à fixer son prix ou à se constituer un réseau, si ce n’est pas une parole messianique il est évident qu’ils aident pas mal le novice pour lui dire de quel côté regarder.

Ω Le tour du monde de la BD érotique, Beaux-arts Hors-Série, hiver 2019.
Honnêtement ? BOF. Quand on connait l’anthologie de la bande dessinée érotique, ou d’autres anthologies du genre on ne peut qu’être déçu : prémâche, ils jettent là des choses connues et reconnus. On y apprend rien mais en plus la contextualisation est tellement faible que personne ne s’étonne de violences faîtes à la femme… Un hors-série qui n’apprend rien, sans aucune enquête journalistique. NUL !

Ω La photographie, pratiques contemporaines, artpress Hors-Série, novembre 2019.
C’est un très beau livre, ou plutôt… Magazine. Une belle réflexion sur l’art photographique, qu’à la fin des années 90 on pensait fini, et qui, pourtant, a su se réinventer avec incroyablement de beauté et de poésie. La photo s’est dépassée : elle s’est adaptée au numérique, elle se fond avec les autres médias, elle se joue des codes et se glisse dans les livres. La photo vit et si on la pensée image sur papier glacée, elle n’a jamais été aussi importante dans la spatialité, n’a jamais eu une telle place et tant questionnée la scénographie. Vraiment beau et instructif.

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Barmaid aux Lettres. Décembre 2019.

LIEUX

Ω PARIS (01). LE MOLIÈRE.
Brasserie simple aux prix abordables, personnel, cadre et mets agréables.

Ω PARIS (06). CLASICO ARGENTINO.
Prix tout à fait abordable dans ce bistrot argentin dédié aux empanadas. Les portions sont tout à fait honorables, on compose son assiette selon ses goûts et c’est très bon.

Ω PARIS (06). AUGUSTIN MARCHAND D’VIN.
C’est affreusement cher, mais si les finances le permettent, il faut à tout prix aller se délecter de ces vins tous plus rares les uns que les autres, accompagnés de délicieuses charcuteries, fromages, saumons… Une qualité incroyable.

Ω PARIS (06). NIEBE.
Loin d’être mauvais et abordable, le but est ici de vous faire découvrir des saveurs africaines incorporées à une cuisine française ou sud-américaine. Certes l’idée est louable, mais rajouter le peu de quantité de la gastronomie contemporaine en misant tout sur la décoration est bien dommage là où l’esprit bonne franquette aurait gagné à relier les goûts.

Ω PARIS (07). MERSEA BEAUPASSAGE.
Dans un passage réellement beau et intime de Paris, Mersea vous enchante par des produits frais et généreux pour les amateurs de poissons et de fruits de mer. Spécialistes de gins leur sélection et leurs arrangements sont à tomber, je recommande chaudement.

Ω PARIS (09). ATELIER SAISONNIER.
Nous n’y avons testé que le brunch à volonté, des produits frais et pour tous les goûts : je recommande !

Ω PARIS (09). SAUSOLITO.
L’incarnation du mot « branchouille », dans cette salle minuscule où la musique trop forte fait raisonner les hurlements des gens pour la couvrir… Une horreur, tous au coude à coude avec une lumière tamisée à s’en abîmer les yeux. Ça, c’est pour le cadre. Ensuite une sélection de tapas, chacun au prix d’un PLAT, pour découvrir la plus petite tranche de saumon que vous n’avez jamais vu. Une honte. Mais c’est branchouille alors c’est pas interdit…

Ω PARIS (15). CHAT MALLOWS CAFÉ.
Voici un bar à chat, le troisième que je teste, et le troisième en position. Peu de lumière pour les matous, et peu spacieux, il faut dire qu’il est difficile de tenir la concurrence avec le Chapristea de Toulouse.

Ω PARIS (15). PIZZA FLORA.
Bonne cantine familiale.

Ω PARIS (15). LE BRASIER.
Ca ne paie pas de mine, et ambiance clairement bonne franquette. Mais bon pour un prix tout à fait correct. Finalement, la viande grillée sera un vrai coup de coeur contrairement à la raclette, plat phare.

Ω PARIS (15). INTUITION GOURMANDE.
On cherche le gourmand, et de toute évidence c’était une mauvaise intuition d’y aller : loin d’être le bistrot qu’on attendait, c’est un faux contemporain. Rien à manger et des associations hasardeuses.

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Barmaid aux Lettres. Décembre 2019.

Merci de m’avoir lu ! J’espère que ce nouveau format vous sied !

12 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Goran dit :

    Bravo 👍 et je profite de cet article pour te souhaiter une très belle année…

    1. Très bonne année à toi !

  2. Aphadolie dit :

    Meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

    1. Merci tous mes vœux également !

  3. Tu es exceptionnelle dans ce paysage et je n’ai malheureusement pas toujours le temps de te lire, mais à chaque fois que je le fais, je suis toujours admirative de ton ouverture d’esprit, de ton insatiable curiosité, de ta pertinence, ta culture. Et je vais toujours au moins voir une des expos que tu recommandes. très belle année à toi !

    1. Ton commentaire me va droit au cœur ! Je suis sincèrement touchée, tu me fais commencer l’année merveilleusement ! Pour les expositions, je te conseille celle de Barbara Hepworth dont je parle justement, mais je pense qu’elle devrait t’intéresser.
      Le format trimestriel me permet de partir dans tous les sens justement hihi !

      Je suis vraiment ravie de ton intérêt d’autant plus que le Bar aux Lettres ne charrie pas les foules, mais l’important c’est de créer un contenu pertinent pour des lecteurs de qualité 😉

  4. Oui, je vais aller la voir au musée Rodin. de toute façon, il faut se dire que chaque lecteur est une chance car si internet n’existait pas, nous n’en aurions peut-être aucun. Et puis c’est vrai que le monde de la culture n’est pas ce qui fait le plus de buzz! A bientôt pour de nouvelles lectures !

    1. Bien sûr, je veux partager ce que j’aime donc je suis ravie de trouver des passionnés quelque soit leur nombre !

  5. Madame lit dit :

    Très bonne année à toi!!! Et j’espère que le charme de mon défi va opérer!!! Bravo pour tes articles!!!! J’adore te lire.

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