La Peste – Camus

Récemment, je déclarais que je n’aimais pas Camus. En effet, j’ai l’Etranger en horreur – oui huez-moi mais honnêtement voilà…– lu pour le plaisir quand j’étais ado, j’ai été obligée de lire Les Justes durant mes études : ça m’a conforté dans mon idée que je n’adhérais pas à cet auteur ! De toute manière, la légende dit qu’on ne peut être camusien ET sartrien, et comme Sartre est dans mon TOP 3 d’auteurs préférés… Compliqué d’entrer en Camus. MAIS, s’il est tant adulé je devais pouvoir y déceler un intérêt, alors le livre de La Peste, pris dans la bibliothèque de ma grand-mère, attendait sagement dans ma PAL depuis des années. C’est le Challenge de Madame Lit qui me fait l’exhumer aujourd’hui.

Albert Camus, La Peste, Collection Prix Nobel de Littérature, 1967, 318 pages.

L’édition est magnifique, illustrée somptueusement, merci Mamie ! (elle ne correspond pas à l’image ci-contre, je n’ai pas trouvé de belles images de l’édition officielle des Prix Nobel que j’ai déniché)

Démarrer le roman m’a été très difficile, l’écriture refusait de s’imprimer sous mes yeux, l’écriture me lasse dès les premières pages, j’arrive à la fin du premier chapitre comme en haut des Pyrénées. Et puis, et puis… Quelque chose s’est produit… Bon, je ne vais pas présenter par le menu La Peste car la plupart d’entre vous l’ont lu, et probablement durant leurs études.

Mais voilà, je ne suis toujours pas admiratrice de Camus, pourtant j’ai su beaucoup apprécier certains passages. D’autant plus, c’est par hasard que j’ai lu ce livre qui dormait dans ma PAL grâce à Madame Lit, en ce moment. Nous sommes en pleine épidémie de Coronavirus. Camus a essayé de mentaliser cela, digne d’un événement du Moyen-Age. Et nous voici en 2020, rattrapés par la littérature et l’Histoire…

Au-delà de nos circonstances contemporaines, j’ai alterné les moments d’intérêt et de sincère plaisir avec l’ennui total, durant ma lecture. L’ennui se manifestant particulièrement lorsqu’un journaliste anonyme parle, soit disant pour faire un compte rendu de carnets intimes des personnages, qui se veut froid et lointain mais qui sonne faux et est d’un ennui mortel. L’auteur d’ailleurs – oh surprise ! – s’en défend à la fin (oui, oui, dans le récit, faux retournement de situation en mode « c’est lui qui tenait ce cahier depuis le début mouhahah ») mais vraiment j’ai trouvé ça pauvre et injustifié malgré cette tentative. – OUI QUI SUIS-JE POUR JUGER CAMUS ? Mais j’ai toujours dit que ce blog était pour le plaisir. 

En revanche, je me suis sincèrement régalée, dans les moments extrêmement bien décrit qui caractérisent une épidémie : l’espoir, le besoin d’échappatoire, l’héroïsme, le plaisir des petits riens… Vraiment, il y a du génie et du chef-d’oeuvre. Camus a offert un coup de maître, je pense à un passage en particulier, allez, à deux, qui m’auront marqué… Une mort sur scène, dues à la maladie qui décrit le moment de latence du public, puis la panique lorsqu’il réalise que cette mort est bien réelle… Enfin, un moment privilégié, d’une terrasse à la mer Méditerranée, hors du monde et du temps, scène particulièrement dépouillée, et par là, extrêmement puissante. Finalement, ce n’est pas tant l’épidémie qui est racontée mais le cœur des gens.

Enfin, j’ai particulièrement apprécié le regard qu’il porte sur la religion, entre respect, effroi et sincère discrédit. Je pense que ne serait-ce qu’à ce sujet, il y a de nombreuses choses à dire. Cela a sûrement été fait, mais je ne vous rédige pas un article scientifique.

Cette expérience est à creuser, de quoi m’intéresser un peu plus à certains aspects de ce personnage littéraire.

5 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Goran dit :

    Je suis camusien ET sartrien pour ce qui est de l’œuvre littéraire, mais en ce qui est des personnages je suis complètement camusien…

    1. J’ai quand même beaucoup de mal. Mais j’ai trouvé des passages vraiment agréables et pertinents finalement 🙂 en revanche je m’étais vraiment jetée corps et âme dans les Chemins de la liberté de Sartre.

  2. Madame lit dit :

    C’est beau de s’intéresser au cœur des gens dans une si terrible période… Titre noté et merci!

    1. Avec plaisir !
      Huit clos intéressant en effet

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