Les Vents contraires – Grandes

En tant que lecteurs de blogs littéraires, vous connaissez sans aucun doute le concept des boîtes à livre, eh bien, sachez que ma résidence en possède une, et voici le petit bijou, qui, un jour d’été, s’ennuyait sur l’étagère.
C’est un bon gros Pavé du Mois.

Almudena Grandes, Les vents contraires, Le Livre de Poche, 2011, 896 pages.

La quatrième de couverture est sincèrement honteuse. Elle se veut comme une bande annonce de blockbuster américain. Mais ce livre mérite mieux, il est plus sensible, plus subtile surtout.
J’ai adoré ce livre, je l’ai dévoré, sa lecture m’a littéralement évadée, je m’y suis lancée, j’ai aimé chaque personnage a sa manière comme si je les avais bercés. J’ai palpité avec eux comme j’ai savouré les instants de calme que la vie semble parfois savoir nous accorder.

Mais car il y a un mais. C’est long, et malheureusement ça tient en partie a l’écriture.
Cette écriture pourtant si belle, haletante quand il faut, simple et modérée au besoin, et surtout parcourue de réelles fulgurances. Elle est vraiment superbe, prenantes, elle vous embarque grâce à ses figures de styles délicates et tapageuses à la fois… mais elle prend de la place. Beaucoup de place.
Ces presque 900 pages contiennent beaucoup de répétitions, de redites. Et à la fin, c’est vraiment usant, une fois qu’on s’est lassé d’admirer la beauté du style.
C’est ça qui est triste, c’est ce style si beau, si subtile, qui donne toute sa portée, toute sa prestance au texte, mais qui vraiment est a rallonge. Vraiment, une page pour un paragraphe ça fatigue bien que cela fasse partie du jeu. Jeu qu’on accepte de jouer jusqu’à la fin. Fin déceptive au possible, plate à côté des retournements de situations qui se sont appliqués à malmenés notre cœur et à rythmés le roman.

J’ai aimé les débuts du roman, ils sont tout en finesse avant de se rendre compte qu’on relis Charlotte Brontë. Je me suis sincèrement passionnée pour les personnages avant que les dernières pages les enferment enfin dans leurs archétypes. Mais peut-être est-ce la triste fin que l’autrice a souhaité.

Enfin bon, tout de même j’ai adoré avoir mon cœur battre au côté de Juan le courageux qui s’occupe de sa nièce et de son frère malade, j’ai admiré la discrète et mystérieuse Sara. Ces deux foyers madrilènes fraîchement débarqués sur une petite ville de la côte pour fuir leurs secrets et problèmes familiaux montre bien la scission entre les citadins et les habitants des villes portuaires. En effet, le récit comporte un réel et bel ode aux villes touristiques côtières d’Espagne qui ne possède leur gagné pain qu’en saison estivale et dont peu de gens connaissent la vie les neuf mois par an. L’autrice porte un regard tendre sur ces villes et soulève le voile, l’aura de mystère autour de ces villes que, souvent, nous ne connaissons qu’en tant que vacanciers.
L’opposition poétique est maintenue grâce à ces pauvres citadins fuyards et perdus qui sont pris sous l’aile dune mère et de son fils, bien plus pauvre qu’eux financièrement mais au cœur tout aussi grand.

Ainsi, presque jusqu’à la fin, je me suis régalée de ces emberlificotages familiaux, des rebondissements, des tombées de masques parfois pas si spectaculaire.

6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Goran dit :

    Avoir un petit cœur qui s’emballe c’est beau 😉

    1. Ca m’arrive ! C’est rassurant 😀

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