La Page Blanche – Boulet & Bagieu

Je me suis lancée dans ce roman graphique sans grandes attentes, je connaissais Pénélope Bagieu pour son trait qui sied bien aux aux sujets grily mainstream, et j’ai eu le grand plaisir de découvrir que c’est ce qui était dénoncé ici.

Boulet & Pénélope Bagieu, La Page Blanche, Delcourt/Mirages, 2012, 176 pages.

Je ne m’attendais franchement à rien, puis je me suis faite dévorée par cette BD, j’ai tourné les pages sans pouvoir m’arrêter, j’ai adoré le dessin rond et pourtant précis. J’ai aimé la douceur des dessins qui englobent doucement celle des personnages. Qui adoucie, et même par sa mise en scène, réussie à faire rire alors qu’il y a une réelle détresse dans ces pages.

La jeune fille que nous trouvons sur un banc est dénuée de mémoire. Je suis très frustrée car ce que j’ai préféré, c’est la chute, the point, mais je ne peux pas vous le révéler sans vous gâcher la lecture. Alors je vais juste essayé de vous convaincre que tout est absolument génial, mais sans prétention, surtout la fin, aigre douce.

Elle est amnésique, qui est-elle ? A t-elle un copain ? « Ah bon ? J’ai un chat ? » La jeune femme ne sait pas si elle doit dire « elle » ou « je » en parlant d’elle et de sa vie… C’est assez doux grâce au graphisme, pourtant cette jeune femme est perdue et cherche ses origines, elle cherche à reconstruire son monde. Pourtant, elle a un regard très extérieur sur les objets qu’elle retrouve. Ceux-ci ne lui apportent aucun souvenir, mais en plus, elle les juge assez rudement, comme le lecteur pourrait le faire. Elle se sent dissociée, mais découvre qu’elle est bien cette fille là : tout le monde la reconnait, lui parle en tant que la fille qu’elle est censée être.

C’est triste mais les auteurs ont réussi à créer une poétique certaine. Thématique qui va parler à beaucoup d’entre vous : elle est libraire, elle a d’ailleurs un chat pour compléter le tableau de « la fille aux livres et au chat« . Il y a une douce critique amusante qui compile quelques « perles de libraires » bien connues. Il y a également de l’humour (et aussi de la gène) alors qu’elle tente de remonter le temps, de comprendre les relations qu’elle a avec ce qui parait être son entourage.
On est nous même un peu dépayser en le lisant en 2020 : les sens communs remontent plutôt aux années 2000. Pourtant, c’est très bien dosé avec l’utilisation du téléphone, des réseaux sociaux, etc. qu’elle utilise pour se stalker elle-même.

Rafraichissant et mélancolique, un superbe livre étonnant !

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Goran dit :

    Si j’ai bien compris c’est plein de douceur…

    1. Pas tant que ça dans la thématique et l’histoire. Plutôt aigre doux, douceur dans le trait pour faire passer l’âpre critique, ça c’est sûr ahah

      1. Goran dit :

        Ah ok 😉

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