Vilnius, Paris, Londres – Kourkov

Quel beau et merveilleux récit ! Venez, on embarque pour un tour d’Europe, la vieille et la nouvelle qui se rencontrent. Et, encore une fois, c’est beau !

Andreï Kourkov, Vinius, Paris, Londres, éditions Liana Levi, 2018, 640 pages.

Déjà, c’est superbement bien écrit, par exemple ce qui m’a marqué tout particulièrement dans l’écriture, c’est sa description des moments de sexe. D’abord, ils existent dans le roman, toujours en marque de réalisme, en effet, nous suivons les péripéties de trois couples. Mais les évocations érotiques sont toujours poétiques dans être nigaudes. Il y a cette vague omniprésence de la sexualité dans la vie réelle, mais en demi-teinte, jamais frontale, très agréable à lire.

Tout dans l’écriture est emprunt de ce non dit poétique, de cette joliesse dans les instants de tous les jours, des gestes et des regards qui en disent plus long que les mots. L’écriture est fondue dans l’ambiance, dans l’empreinte des choses et des phrases, plutôt que dans la description. Les phrases alternent entre un discours franc et justement ces moments vagues.
Les personnages sont finement décrits et hypers réalistes, sans avoir à faire des grosses et longues descriptions, ils sont campés. Et cela, comme je le disais, seulement par leurs actions, leurs gestes, leurs regards, leur façon de s’exprimer, par leurs choix. Pas besoin donc de longues phrases vides de portraitiste, ici, nous lisons juste des personnages qui se débattent, se manifestent, dont on se sent proche, dont l’objectivité est très réussie. On les regarde faire.
On suit trois couple, plus un mystérieux personnages, qui ont choisi de vivre dans la grande Europe. Certains sont partis à Londres, à Paris, d’autres sont restés dans leur campagne lituanienne. D’autres encore voyage à travers cette Europe qui a vécu tant de guerre.

Ainsi, tout passe par les ambiances : Paris est dépeinte merveilleusement bien, la province, les campagnes celle française ou lituanienne, sont chantées, contées, toujours dans l’atmosphère et le détail, on entend la neige crissée sous les pieds et on sent l’odeur de l’humus. C’est franchement agréable d’ainsi voyager grâce aux sensations.

Comme souvent, j’ai été extrêmement déçue par la fin, déjà car la beauté et la réalité du roman se suffisaient à eux-mêmes sans rajouter un côté mystique hors-sujet et inexistant jusque là. C’est donc une fin étrange qui dénote de la beauté réaliste du roman. Ca m’a fait cet effet : « Poum, magie, lol. » Bien qu’on redoute une fin de ce genre en suivant les ennuyeuses aventures du mystérieux petit vieux. Heureusement, les trois couples, réalistes, sensibles et bien campés sont là pour maintenir le roman à flot !
Pourtant, là aussi, à la fin, ils perdent de leur vigueur, de leur substance, de leurs caractères qu’on a tant aimé adoré tout au long de ces pages.

Enfin, la morale m’a gênée. L’Europe et le monde sont représentés comme des espaces hostiles qui n’amènent rien d’autre que la mort. Il faut rester chez soi, et surtout, surtout, ne jamais en sortir.
Franchement, bof, et c’est dommage car, vous l’aurez compris, l’ambiance était géniale.

11 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Goran dit :

    J’ai comme l’impression que ce roman est « emprunt » de belles et nostalgiques ambiances…

    1. Toujours là pour te moquer !

      1. Goran dit :

        Oh, mais non, ce n’est pas ce n’était pas pour me moquer…

      2. Mouais Mouais Mouais

  2. Tu m’as complètement convaincue jusqu’à ce que tu parles de la fin et de la morale. Mais je le lirai quand même si l’occasion se présente. (Qu’est-ce qu’il est moqueur, ce Goran!)

    1. Oui, ça m’a fait une drôle d’impression cette fin, un si gros potentiel, et qui tombe plat et dogmatique. Je l’ai lu il y a quelques semaines maintenant et j’en garde cependant un excellent souvenir. On ne se souvient que des bonnes choses hihi

  3. PatiVore dit :

    J’ai déjà lu Andreï Kourkov et j’ai beaucoup aimé 🙂

    1. Lequel as-tu lu ? C’est vrai que ça manière d’écrire m’a charmé ainsi que ses personnages.

  4. Violette dit :

    oh zut! J’avais tellement adoré Le Pingouin que ça fait un moment que je cherche à lire autre chose de l’auteur. Je m’y collerai peut-être quand même…

    1. Je ne connais pas le pingouin, et quelques temps après, je garde tout de même un bon souvenir de ma lecture. Disons que certaines choses m’ont deplues mais le reste était vraiment très bien, gardant la barre haute.

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