Freelander – Jergovic

Un récit rêveur qui a l’air des histoires qu’on se raconte. Comme autant de films qu’on peut projeter en son esprit. Mais ici, ces « enfantillages » appartiennent à un vieil homme, sur le point de mourir d’ennui. Et puis, un héritage improbable : le sursaut.

Miljenko Jergovic, Freelander, Acte Sud, 2009, 206 pages.

A travers des hallucinations rêveuses et des souvenirs (très emmêlés) c’est l’histoire tragique d’une vie qui se joue sous nos yeux. Une histoire d’errance et de solitude qui a été rythmée par la riche histoire de la Croatie. Le roman est mené par les évènements qui se bousculent, sous nos yeux de lecteur, mais aussi dans la tête embrumée du narrateur, qui, comme on l’a dit, se raconte des histoires, rêve, mais aussi se souvient, bref, il mélange tout. Sa grande capacité de réflexion et son érudition, nous amène toujours plus loin, tant et si bien qu’on se perd dans les méandres de son subconscient.

Heureusement, c’est assez bien écrit pour dissiper le brouillard. Cependant, l’écriture manque d’un je ne sais quoi, d’une pointe de rythme, d’un peu de poésie pour être tout à fait fascinante et faire tourner les pages.
Finalement, ce livre m’a été pénible à lire, sans, à aucun moment, je ne réussisse à dire pourquoi. C’est bien écrit, certaines métaphores sont intéressantes, le flot des souvenirs, des pensées et cette longue route dans la nuit sont fluides, cohérents, contiennent ce qu’il faut de déviation de l’esprit. Non, l’écriture est bien, c’est une forme de road trip. L’auteur avale la route en sens-inverse de celle qui a prise enfant. Il pense à sa femme, à sa mère, à ceux qui croisent son chemin. Il imagine ce qu’il y a au bout du chemin, ce que cache ce mystérieux testament… Il coche toutes les cases, c’est bien écrit mais… MAIS… Mais rien a faire, j’ai dû le terminer en diagonale. Et, comme je le disais, je ne m’explique pas du tout pourquoi. Je n’ai pas réussi à me passionner pour cet homme à nu, dans la tête de qui, pourtant, nous sommes.

Les flux des pensées s’entremêlent avec le présent rendu étrange par ce flot d’idées constant ne m’ont pas convaincu. Après avoir dépassé une centaine de pages : il y a un passage dans un restaurant qui m’a vraiment aidé à comprendre que ce livre n’était pas pour moi. Dans ce restaurant, il commande à mangé, bref, normal, il ne se passe pas grand chose… Et ce sont six pages bien écrites, remplies de métaphores, sur la valse des serveurs et ce qu’il commande comme nourriture… Cela comble un vide abyssal. Et je pense que c’est le point où l’auteur voulait en venir : c’est un vieil homme, seul, triste, qui s’ennuie profondément et qui n’a rien d’autre que ses souvenirs, peuplés de traumatismes et du mystère du testament pour se sentir en vie. Il n’a plus que ce trajet comme raison de vivre. De remplir le vide.

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Goran dit :

    Même si tu n’as pas aimé, ce que tu dis ici « un vieil homme, seul, triste, qui s’ennuie profondément et qui n’a rien d’autre que ses souvenirs » ça me fait envie…

    1. Je pense que ses pérégrinations mentales seraient tout à fait ta came oui ! Je n’ai pas aimé, certes ! Mais je pense que les goûts et les couleurs y sont plus en cause que la qualité !

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