Mohawk – Russo

Premier roman de cet auteur très populaire, c’est ainsi que je le découvre. Eh bien, une fois, pas deux !

Richard Russo, Mohawk, éditions 10-18, 2013, 456 pages

Bon sang que c’est bavard ! Et ça tourne autour du pot, et ça met des détails en tout sens… C’est un style, certes, mais ce je pense c’est que ce monsieur avait beaucoup de mal à donner vie à ses personnages tant il les décrit froidement. Il ne sait les invoquer, les rendre humain, les faire sortir du papier, il les fait vivre depuis en haut, comme sur un piédestal, comme un dieu omnipotent.
N’étant pas à leur échelle, la seule manière qu’il a trouvé pour créer du lien avec ses personnages est de faire crouler le lecteur sous des détails. Toutes les phrases sont conctuées de petits détails futiles, superficiels, du gene :
« il se penche en avant« , « il regarde la lune« , « il se cure le nez avec l’auriculaire« … Et on lit, on lit, on lit et il ne se passe rien. Pas le plus infime mouvement, ça n’en finit pas. Il y a toute une légion de personnages si bien que même si on ne s’y perd pas on le redoute quand même car plus de personnages il y a, plus de descriptions il y aura.

Concernant l’histoire…
L’histoire se veut universelle : des amours, cachés ou assumés, des enfants qui grandissent, qui deviennent des hommes et des femmes, des histoires de vies qui se croisent, des amitiés… La vanité du style tient à ça, à des détails qui se veulent être réels. Quelqu’un qui se sert deux sucres et pousse le sucrier vers son interlocuteur, pour rendre vivant, pour donner une personnalité et des préférences, peut-être parce que l’auteur n’a pas su le montrer autrement, mais ça donne cette impression de lourdeur de la langue encore plus forte.

Et l’histoire n’avance pas, et on ne saisit pas tout ce qu’elle implique… Ces amitiés de village, tout ça… Mais puisqu’on ne parvient pas à s’attacher aux personnages, ça glisse. Il y a un côté mauvais film français rébarbatif, des longueurs… Puisqu’il ne se passe pas grand chose, sans pour autant s’attacher aux personnages… Bon, la lecture est facile et désagréable, malgré le pavé c’est très vite lu, mais ce n’est clairement pas un roman impérissable. On lit, assez vite, en se disant qu’il va bien se passer quelque chose. Une histoire de famille, des secrets… Mais non, rien… Il y a bien une grosse péripétie vers la fin. Mais honnêtement, c’est tellement gros que ça ne passe pas, tellement nébuleux que ça n’imprègne pas le cerveau.

Bref, heureusement que ça se lit vite car il me tardait de terminer le livre.

21 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Bon… je ne choisirais peut être pas celui ci pour continuer ma découverte de Russo ! Retour à Martha’s Vineyard est très bien alors j’ai envie de poursuivre ma plongée dans son œuvre 🙂

    1. J’avais entendu le même genre de commentaires au sujet de Martha’s Vineyard je crois. Je pense que tout dépend des goûts et le style plaît ou non

      1. Oui, sans doute…

      2. Je pense que cette écriture très lente est particulière et ne plaît pas à tout le monde. Personnellement, elle m’a découragée !

      3. Je comprends, ne t’en fais pas ! Je dis juste que tous ses romans ne sont peut être pas à l’image de celui-ci 🙂

  2. C’est Goran qui va être content de te lire 😁

    1. Oui je crois qu’on n’a pas tellement reconnu le talent de cet auteur 🤣

  3. etoile31 dit :

    Roman de gare, j’ai cru comprendre, sans ressentir le besoin de lire, voilà qui me fait penser à la collection Harlequin dont on trouvait les exemplaires abandonnés sur les sièges et/ou dans les poubelles, à leurs places en somme, pour des lectures de dépressi-fs-ves et autres vies ratées,…. Bah! il gagne bien sa vie ce monsieur vu son succès de supermarché…. Mais s’il faut même pas!

    1. Espérons qu’il l’a gagne tout de même ! Mais oui c’est assez insipide comme certains de nos auteurs français.
      C’était le bon temps où seuls des Harlequins étaient abandonnés aux poubelles !

      1. etoile31 dit :

        Je dois dire avoir ainsi récupéré pas mal de Frédéric Dard(San Antonio) et de Jean Bruce (OSS 117)par ce biais de romans de Gare abandonnés et de ma vie ferroviaire (en fraude)… Harlequin avait trouvé sa juste place, et c’est toujours à cette collection que je pense quand j’entends parler de/ou que je vois Musso en tête de gondole…

        « Si vous n’achetez pas Hara-Kiri, Volez-Le! »

    2. L’auteur est quand même lauréat d’un Pulitzer alors roman de gare, il ne faut peut-être pas exagérer…

      1. etoile31 dit :

        Effectivement le marketing est intégré aux processus des maisons d’édition, comme pour le reste, c’est bien pour cela que je fais référence aux « têtes de gondole »…
        Je n’ai jamais lu de bouquins et d’auteur-e-s en fonction des prix littéraires, cela a sur moi plutôt un effet répulsif et de par quelques tentatives. Mon intuition jusqu’à ce jour m’a rarement berné, contrairement aux injonctions commerciales du marketing.., pour preuve ce « Musso »…. Mais je reconnais l’effet des pratiques commerciales mises en oeuvre par les employés des services communication des maisons d’édition.

      2. On parle de Richard Russo, pas de Musso.

      3. etoile31 dit :

        Holala! Un grand merci pour cette clarification et « sorry » à ce Patrick Russo pour ma méprise… En effet, j’avais confondu, également surpris de voir ici un livre de « Musso » critiqué….
        Bref honneur soit fait à votre perspicacité et pour ce Patrick Russo dont je ne connais même pas l’existence du coup, serait-ce un signe pour le découvrir…? Ha Ha Ha!
        Je ne suis diagnostiqué ni dyslexique, ni daltonien, je suis pourtant régulièrement sujet à des troubles de cette nature pour ces deux différences et leurs effets. Russo-Musso et c’est parti!
        Merci encore!

      4. Mais pas de souci, je ne comprenais pas cet acharnement, maintenant c’est plus clair !
        Même si notre chère Barmaid n’a pas aimé sa plume (et elle ne doit pas être la seule), Richard Russo a une sensibilité humaine assez impressionnante qui rend, à mon sens, ses livres très délicats (en tout cas Retour à Martha’s Vineyard) 🙂

      5. etoile31 dit :

        Je ne sais pas encore si j’irai lire-voir-tester, mais je saurai faire un retour…. Acharnement contre la mièvrerie, la médiocrité, le consumérisme, les effets de masse, oui, toujours… En ce sens l’évocation de la sensibilité « humaine » pour cet auteur me parle,

      6. Je comprends !
        Merci pour votre mail via Pamolico, et au plaisir d’échanger…

      7. etoile31 dit :

        Oui un blog très fourni de ce que j’ai rapidement entraperçu!

  4. Bibliofeel dit :

    Si je comprends bien, ce livre ne t’a pas plu… Je plaisante bien entendu ! Et l’exclu d’office des livres à acquérir.

    1. Je me demande comment je suis arrivée à la fin de ce livre hihihi

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