La femme des origines – Cohen

Beaucoup d’études récentes remettent les pendules à l’heure, l’an dernier est sorti Lady Sapiens dont je vais bientôt parlé sur le Bar aux Lettres, j’avais aussi déjà consacré un article à L’home préhistorique est aussi une femme qui semble emprunté son titre à La femme des origines, puisque c’est la phrase introductrice de ce beau livre.

Claudine Cohen, La femme des origines. Images de la femme dans la préhistoire occidentale, Paris, Belin-Herscher, 2003, 191 pages.

Pourtant publié en 2003, il n’avait pas tant fait de bruit que les deux ouvrages suscité ci-dessus, comme quoi ! Cela intéressait-il moins les gens ? On dirait bien ! Et pourquoi ? Parce qu’on entendait moins les féministes, alors que la preuve est là : ces études ont bien démarrées il y a plus de vingt ans, montrant bien à quel point on se fourre le doigt dans l’œil depuis des lustres, et sans avoir voulu s’en rendre compte plus tôt malgré les études qui commençaient à poindre ! Ca, c’est dit, maintenant, le cœur du sujet :

A la différence des deux livres suscités on trouve dans celui-ci de sublimes reproductions ! C’est un vrai livre d’art ! Poussé dans la recherche pourtant, mais qui contrairement aux deux autres n’est pas que cela.

L’autrice ouvre le livre autour de la réflexion sur ce que signifie le terme « femme des origines » : la femme des origines, c’est une Eve, c’est un point de vue issue d’une construction patriarcale. C’est une appellation erronée, et elle le raconte pourquoi à travers une histoire de l’archéologie et une histoire de l’art (les reproductions sont superbes !!!)

Histoire, Histoire de l’Art, anthropologie, archéologie et un peu de féminisme tout de même s’emmêlent, je tiens à préciser à nouveau que si des reportages comme Lady Sapiens sont récents, cette étude était déjà-là il y a presque 20 ans ! Très bien écrit, très compréhensible, il faut tout de même s’accrocher. On apprend vraiment énormément en peu de lignes, alors le cerveau carbure ! Je rappelle à nouveau les magnifiques reproductions, commentées, légendes, documentées sobrement et rapidement, pareil, dans une économie de mots mais pas d’érudition. Si bien que malgré l’aspect fin du livre, il vous faudra un certain temps pour le lire tant il y a d’informations à emmagasiner !

Claudine Cohen tente de s’approcher au plus près de ce que fut la réalité : loin de la femme soumise, reléguée au fond de la grotte, loin également d’un matriarcat fantasmée ou d’une grande déesse. Grâce à une histoire de l’art préhistorique qui accompagne les analyses scientifiques hyper poussées de l’autrice, on découvre surtout beaucoup de doutes, d’oublis, de non-dits. On pose de nouvelles questions, de nouvelles bases – très larges celles-ci. Chaque objet pose mille questions, et chacune appellent à plusieurs réponses potentielles : tout à fait fascinant ! Elle lutte, avec ce livre, contre les mythes et schémas préétablis, qu’ils l’aient été par le patriarcat ou par le féminisme.

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