Désert – Le Clézio

Je m’étais promis de lire Le Clézio un jour, j’aurais pu dans le cadre d’un cours en Lettres Modernes. Mais finalement, c’est le challenge 2020 de Madame Lit qui m’aura permis de franchir le pas.

Jean Marie Gustave Le Clézio, Désert, folio pocket, 439 pages.

product_9782070376704_195x320Le premier prix Nobel du mois, et non le dernier ! Que dire ? J’ai envie de commencer par une anecdote qui n’a rien à voir mais qui m’a fait rire : alors que je lisais ce livre dans un café, le barman est venu discuter avec moi et a entamé la conversation en me demandant ce que je lisais :
« Vous lisez quoi ? Harry Potter ? »
Je ne savais pas que j’avais une tête à lire Harry Potter, surtout que je n’aime pas trop ça. Alors, j’ai répondu un « non » assez outré et plein de surprise – pourquoi Harry Potter ? – et je lui ai montré la couverture et il demande :
« Désert… C’est désertique ? »
Mais voilà, à nouveau je n’ai pas trop su quoi lui dire, c’était bien compliqué de résumé le livre de Le Clézio.

On comprend rapidement pourquoi il est prix Nobel de littérature : la langue est d’une qualité incroyable. Si bien que, lorsqu’une phrase simple et non soutenue apparaît on en est surpris !

J’ai eu tout de même un peu de mal à entrer dans le livre : il manquait quelque chose, puis cette impression a disparu totalement, jusqu’à la fin où elle est revenue en force. Mais que manque-t-il ? Je ne sais pas trop…
L’histoire mêle deux temps : le génocide orchestré par les croisades chrétiennes, et l’histoire d’une descendante de ces peuples pratiquement anéantis.
Les peuples du désert ont été obligés d’errer dans les pires conditions, les personnes âgées, les enfants, les femmes jeunes ou jeunes mères mourraient les premiers… On assiste à cela sur le fil de longues descriptions, par les yeux d’un enfant. Les peuples du désert suivent une sorte de Messie, et, comme eux : on croit réellement qu’il va les sauver de la beauté assassine du désert.
Puis on suit Lalla, descendante de cette marche sans fin, bercée par les légendes de peuples anciens, qui vivent en elle, dont l’histoire vit en elle, serpente dans ses veines. Et qui, peu à peu, en abandonnant l’enfance contre son grès, est rattrapée par l’Occident. Elle finit par émigrer à Marseille et devient connue, je ne vous spoile pas : c’est la quatrième de couverture. Mais c’est si ténu, dans un brouillard monstre comme dans la tête embrumée du personnage principal… On ne sait trop si c’est réel tant cette partie est minime.

« Désert… C’est désertique ? »
C’est vrai que j’ai eu envie de me moquer de cet homme à ce moment là, et pourtant, il l’a si bien résumé. Le livre offre un ode enivrant du désert, on s’y plonge, on y brûle aussi, du sable jusque dans les poumons. L’écriture est magnifique et on croit s’enflammer des yeux sur les dunes à pertes de vues, sur le ciel si bleu et presque meurtrier.
C’est un magnifique hommage aux peuples que nous, français, avons décimés avec tant d’application.

Mais voilà, quelque chose m’a rendu hermétique dans ce livre, surtout la question de la maternité de Lalla : je n’ai jamais cru qu’elle était réelle cette maternité, je l’ai prise comme un mirage. Je ne sais pas du tout ce que l’auteur voulait qu’elle soit ? Personnellement, je pense à un accouchement de l’Histoire.

7 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Goran dit :

    Jamais lu Le Clézio, je pense que c’est pas pour moi, j’ai souvent entendu dire que ses premiers romans étaient bons, mais qu’ensuite c’est devenu un peu culcul la praline. Pas sympa de rembarrer ainsi le pauvre serveur… 🙂

    1. J’ai été super sympa Ahah

      J’avoue que je ne sais pas à quel moment de sa vie Désert à été écrit. Mais comme je le disais il y a un côté très étrange où n’est jamais trop bien sûr de ce qui arrive. Je ne dirai pas que le livre est larmoyant car le terme ne m’est pas apparu au cours de ma lecture, mais je pense qu’on peut raisonnablement lui faire cette critique.

  2. Madame lit dit :

    Comme Goran, je ne crois pas avoir lu un roman de ce dernier… des descriptions du désert, c’est souvent magnifiques pour la Canadienne que je suis. Ici, on a des déserts de neige! Titre noté pour le bilan! Merci!!!

    1. Olala je me rappelle des descriptions de l’Appel de la Foret (ça vaut ce que ça vaut, mais j’étais toute jeune elles m’ont beaucoup marqué !) c’est vrai que ça m’avait impressionnée, j’avais pas vu souvent la neige car je suis née dans le Sud de la France. Ahah merci ! J’ai des titres pour ton bilan tout le mois 😀

  3. Ingrid dit :

    Un de mes livres préférés ! Il n’est pas facile d’accès, mais rarement un roman m’aura plongé à ce point dans ses paysages, dans sa lumière…
    Ingannmic (Book’ing)

    1. Oui, finalement c’est ce qui fait la richesse de ce livre : le paysage, les descriptions…

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