Vania, Vassia et la fille de Vassia

Tout le monde sait déjà que ce livre est magnifique, je voulais simplement le confirmer.
Incroyable ces histoires de vies, Tsaristes déracinés perdus dans leur passé et au fin fond de la France, confrontés à la Seconde Guerre Mondiale.
Un bijou de complexité, celle des sentiments et du monde qui se bouscule. Une complexité enivrante d’émotions.

Macha Méril, Vania, Vassia et la fille de Vassia, éditions Liana Levi, 340 pages, 2020.


Ce livre, dont une grande partie de déroule pendant la guerre, parle des traumatismes, des familles brisées, de l’Europe coupée en deux… Pourtant, c’est un livre au sujet de la paix. Furieusement, les personnages recherchent et souhaitent la paix. La vengeance est chose terrible et les protagonistes rêves de douceur, vivent à travers leur vie volée. Il n’y a pas de groupes qui s’opposent, il y a simplement une humanité triste.

Titre ironique en pied de nez au pauvres magazines tristement sérieux qui titrent leurs articles a grand coup de « une femme » mais qui nomment les hommes : La fille de Vassia est l’héroïne de notre roman. Elle portera en effet plusieurs noms, caméléon qui s’adapte à un monde qui change, à ce qu’on attend d’elle, elle s’élève. De petite fille de cosaque à chargée de mission pour l’ONU en passant par comtesse, elle incarne les changements violents que le XXe siècle a connu. Réelle héroïne dont on suit la vie, elle s’abîme a nouveau dans les dernières pages dans ce qu’on attend d’elle. Pas particulièrement ce que son entourage attend, mais ce que la société toute entière attend des femmes en général, quelque soit leur titre, leur notoriété, leurs libertés.

Enfin, il y a des pépites, des phrases qui font réfléchir, tout ce roman est d’une beauté vibrante :
« une personne est la somme de dizaines de personnes, vivantes ou défuntes, qui ont déposé une semence dans son esprit. »
Personnes fictives ou réelles, rencontrées ou non, animaux, lieux, plantes, tout est bon à prendre pour se construire et apprendre à se comprendre. A s’aimer pour aimer le monde.

Vous l’aurez compris c’est un roman sensible car terriblement humain. Un roman qui se dévore.

A lire !

6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Bibliofeel dit :

    Et la couverture est magnifique, rien que pour cela j’ai envie d’avoir ce livre !

    1. Oui ! Vraiment que des qualités ! Un de mes plus gros coups de coeur (pour l’instant) de cette année !

  2. Madame lit dit :

    Très belle chronique! J’ai le goût maintenant de découvrir ce bouquin. J’adore l’extrait. C’est ma façon de percevoir notre rapport aux autres.

    1. Il me tarde d’avoir ton avis alors ! C’est réellement une lecture que j’ai trouvé magnifique ! La citation n’est pas un écueil isolé loin de là !

  3. allylit dit :

    J’avoue que j’avais un peu peur de ce titre, ne connaissant pas le talent d’auteur de Macha Méril mais tu me rassures et je vais pouvoir me le commander !

    1. Je ne connaissais pas du tout Macha Meril (ma culture cinématographique catastrophique) mais j’ai vraiment adoré, je ne peux que le conseiller !

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