Terremer – Le Guin

Intéressée par la science-fiction féministes, il était naturel que cette édition me fasse de l’œil au décès de l’autrice, mais je n’avais encore jamais découvert ce grand nom de la littérature de science-fiction et fantasy. J’avais bien lu des extraits, des études à son sujet, mais il était temps que je me plonge dans l’univers de l’autrice.

Ursula K. Le Guin, Terremer, l’intégral, Le livre de poche, 2018, 1 800 pages.

Terremer n’appartient pas à la science-fiction mais à la Fantasy. Moi qui ait adoré joué à Skyrim pour son univers : tout y est ! Aventures et dragons, magies et mystères, la mort qui rode…

Le concept de magie est aussi complexe que séduisant, intégrant le lecteur dans l’univers : elle repose sur la puissance et la science des mots.
C’est bien écrit, pas du tout d’une écriture alambiquée et érudite, sans pour autant être trop simple. L’autrice ne cherche pas la punchline à chaque phrase. C’est agréable, les lignes filent sous le regard. Bref, un style agréable mais pas non plus du genre qu’on relève. Un style sans fioriture mais qu’il vaut mieux ne pas lâcher car chaque phrase compte : comme il n’y a pas d’immenses descriptions languissantes et alambiquées, on peut facilement rater un important moment de l’action si on lit trop rapidement. Bref, l’écriture m’a tout de suite embarquée.

En commençant ma lecture, je voulais du léger et m’évader très loin : Terremer croupissait depuis suffisamment longtemps dans ma PAL, en quelques minutes j’étais bien avancée dans ma lecture. Cette facilité de lecture m’a motivée et j’avalais page après page, les 1800 pages totales de l’anthologie ne me faisait plus peur du tout !

Le premier livre est digne d’Harry Potter, un jeune garçon (presque orphelin), un roman d’apprentissage, un gamin fier doté d’un grand pouvoir, les péripéties qu’on voit arriver à cent mètres. Bon, Ursula K. Le Guin n’a pas renouvelé le genre pour le premier volet, mais il n’empêche que cela plante indéniablement le décor, et qu’un peu de classisme quand c’est bien fait c’est agréable. On découvre l’univers magique, la mentalité des mages, on se balade à travers le monde…
Et justement, en parlant de magie, comme je l’évoquais, la magie réside dans la science du mot et c’est super intéressant comme traitement. Au-delà d’une formule, c’est une langue ancienne et oubliée (celle des Dragon je crois, oh tien coucou Skyrim !) Bon, ça m’aurait sans doute pas vendu du rêve moi qui n’aime pas trop le genre de la fantasy, mais là, quand c’est bien fait et cool comme ça, bah ça fonctionne ! Dans cette lecture de ce premier tome attendu, j’avoue qu’il me tardait de passer à la suite : le moment où, dans sa carrière, Ursula K. Le Guin pouvait rompre la monotonie du genre !

J’ai beaucoup voyagé, j’ai passé des moments exceptionnels, j’ai beaucoup rêvé, c’est une lecture immensément inspirante, qui m’aura tenu plusieurs mois. J’alternais les tomes avec d’autres lectures, mais j’avais toujours envie d’y revenir. Comme un boîte de chocolats qu’on économise pour faire durer le plaisir (oui, je suis de ce type de gens-là ahah)

Ainsi, il y a eut la déception attendue du premier tome, qui prend une baffe tout au long des récits et plus encore dans la dernière postface de l’autrice. Elle explique bien que ce premier tome était une commande qui a laissé place à beaucoup plus grand, au monde de Terremer tout entier ! Au fil des tomes, des identités bien adultes se font, des femmes sont bien identifiées, des femmes fortes, des femmes dragons, des aventurières, des femmes qui ne demandent qu’à se qu’on leur foute la paix, des sorcières… Il y a des hommes bien sûr, des mages, des rois, tout un panel typique de la fantasy mais très agréable à lire, à découvrir, à voguer. On adore prendre la mer, on frissonne quand on nous dit qu’on va embarquer sur « voitloin », on chevauche les dragons dans le soleil couchant.
C’est feelgood, c’est un échappatoire !

Je suis surprise que, la fantasy étant depuis maintenant de nombreuses années à la mode, on n’entende pas plus parler de Terremer, ce monde merveilleux, sincèrement prenant !

Voilà, je crois que depuis le collège, ou alors si rarement que je ne m’en souviens pas, je n’avais pas lu ou tenté de lire de la fantasy. Et voilà que c’est chose faite, grâce à cette femme incroyable, que je n’ai cessé d’admirer en lisant les postfaces qui ponctuent chaque fin de récits.
Vraiment, tout le monde parle de fantasy a tout bout de champ, alors, lisez celui là ! C’est de la bonne ! Même pour qui n’aime pas spécialement.

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. PatiVore dit :

    J’ai acheté cette intégrale pour la bibliothèque mais je ne l’ai pas lue, un jour peut-être… Par contre j’ai vu le beau film d’animation, Les contes de Terremer, réalisé par Gorô Miyazaki (2006) 😉

    1. Ah oui ! J’en avais entendu parler mais je ne savais pas si c’était un simple homonyme ou non !
      Je te conseille cette lecture, je l’ai trouvé très inspirante !

  2. La Nébuleuse dit :

    Je l’ai lu récemment aussi et j’ai adoré suivre l’évolution de son écriture et la façon dont elle déploie l’univers au fur et à mesure, qui devient plus complexe, et qui donne davantage de place aux femmes. (L’animé Terremer est librement inspiré de l’univers d’Ursula Le Guin, mais si je l’ai trouvé très joli, il ne rend pas du tout justice à la subtilité des livres je trouve)

    1. Je ne connais pas du tout l’animé, et en effet, c’est un plaisir immense de la voir étendre son univers et s’intéresser plus à la place des femmes

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